Pour sa dernière intervention en qualité de président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray a exhorté dimanche les dirigeants ouest-africains à renforcer l’intégration régionale et à accélérer les réformes de l’organisation, confrontée à des défis sécuritaires, politiques et économiques croissants.
Le président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Omar Alieu Touray, a appelé dimanche les chefs d’État et de gouvernement à engager un nouveau cycle de réformes pour renforcer l’intégration régionale, estimant que l’organisation se trouvait à « un tournant important » de son histoire.
S’exprimant à l’ouverture de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Lungi, en Sierra Léone, M. Touray a souligné que, plus de cinquante ans après la création de la Cédéao, les attentes des populations en matière de paix, de sécurité, de prospérité et d’opportunités n’avaient « jamais été aussi fortes », alors même que les défis devenaient « de plus en plus complexes et interdépendants ».
Le président sortant de la Commission a invité les dirigeants à renouveler leur engagement en faveur de la solidarité, de la coopération et de l’intégration régionale, estimant que les décisions prises lors de ce sommet façonneraient l’avenir des quelque 450 millions de citoyens de l’espace communautaire.
Présentant cette intervention comme sa dernière devant les chefs d’État en qualité de président de la Commission, Omar Alieu Touray a rappelé que son mandat avait été marqué par les changements anticonstitutionnels de gouvernement, les transitions politiques, le terrorisme, l’extrémisme violent, les chocs économiques et les effets du changement climatique.
Il a appelé les dirigeants à adopter un « Pacte pour l’avenir » fixant des objectifs communs, notamment l’augmentation du commerce intrarégional à 40 % d’ici 2035, la création d’un marché numérique unique en 2030, l’intégration du marché régional de l’énergie d’ici 2035, le rétablissement de l’ordre constitutionnel dans les États membres d’ici 2030, le renforcement de la représentation des femmes au sein des institutions communautaires et une mobilisation accrue des ressources propres de la Cédéao.
« Le succès de la Cédéao est indissociable du succès de l’Afrique », a-t-il affirmé, estimant qu’une organisation régionale forte contribuerait directement à la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Cette allocution marque la fin du mandat d’Omar Alieu Touray à la tête de la Commission. En décembre dernier, les chefs d’État de la Cédéao ont décidé de confier au Sénégal la présidence de l’institution pour la période 2026-2030. Le général Birame Diop, désigné par Dakar, est appelé à succéder au responsable gambien à la tête de l’exécutif communautaire.
Avant de conclure, Omar Alieu Touray a remercié les chefs d’État pour la confiance accordée durant ses quatre années de mandat, affirmant quitter ses fonctions avec « humilité, gratitude et confiance » dans l’avenir de la Cédéao.
AC/Sf/APA







