L’organisation Media Rights Agenda (MRA) a condamné l’agression signalée contre Mohammed Adamu, journaliste à Albarka Radio, par des policiers au cours du week-end alors qu’il couvrait la célébration de l’Aïd Durbar à Bununu, chef-lieu de la Zone de gouvernement local de Tafawa Balewa, dans l’État de Bauchi, qualifiant cet acte d’attaque inacceptable supplémentaire contre la liberté de la presse et la sécurité des journalistes au Nigeria.
Dans un communiqué publié à Lagos lundi, la MRA a exigé l’ouverture immédiate d’une enquête rapide et transparente sur l’agression d’un journaliste dans l’Etat de Bauchi, devant aboutir à la poursuite judiciaire de tous les agents de police impliqués et à l’octroi d’une indemnisation adéquate au journaliste pour les blessures subies à la suite de cette agression injustifiée et de cette violation flagrante de ses droits.
Selon les informations disponibles, le journaliste Mohammed Adamu se trouvait sur les lieux de célébration de l’Aïd dans l’exercice légal de ses fonctions professionnelles lorsqu’il a été intercepté par des policiers placés sous les ordres du chef de division de police, M. Jamilu Kabir, commissaire de police, au moment où il se dirigeait vers la zone réservée aux membres de la presse pour couvrir la cérémonie. Il a déclaré que lorsqu’il a revendiqué son droit de couvrir l’événement face aux tentatives des agents de l’en empêcher, il a été roué de coups par plusieurs policiers, et ce bien qu’il s’était présenté comme journaliste.
Il aurait été frappé à coups de bâtons, entraînant des blessures à la tête avec d’abondants saignements, soumis à des injures verbales et contraint de quitter les lieux. Il a par la suite été pris en charge dans un établissement de soins pour les blessures reçues.
« Nous sommes profondément préoccupés par cet incident, qui semble également s’inscrire dans un schéma inquiétant de harcèlement, d’intimidation et d’agressions physiques contre les journalistes dans l’État de Bauchi et à travers le Nigéria. De tels actes commis par des agents des forces de l’ordre violent non seulement les droits fondamentaux des journalistes, mais portent également atteinte au droit du public à l’information, indispensable au fonctionnement d’une société démocratique », a déclaré le chargé de programme de la MRA, M. John Gbadamosi, dans le communiqué.
« En vertu de la Constitution nigériane, ainsi que des instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels le Nigéria est partie, les journalistes ont le droit de collecter et de diffuser des informations sans crainte de harcèlement, d’intimidation ou de violence. Les forces de sécurité ont le devoir de protéger les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, et non de les entraver ou de les brutaliser », a-t-il ajouté.
M. Gbadamosi a en conséquence appelé l’Inspecteur général de la police, M. Olatunji Disu, à ordonner l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie, rapide et transparente sur cet incident, à identifier tous les agents impliqués et à veiller à ce que les responsables soient traduits en justice et sanctionnés en conséquence. Il a également exhorté le chef de la police nationale à prendre des mesures d’urgence pour mettre fin aux agressions récurrentes contre les journalistes par des membres de la police à l’échelle nationale, notamment par une formation efficace, des directives opérationnelles claires et des mesures disciplinaires strictes en cas de violation.
La MRA a par ailleurs appelé le gouvernement fédéral du Nigéria à manifester son engagement en faveur de la liberté d’expression et de la liberté de la presse en veillant à ce que les forces de sécurité respectent en tout temps les droits des journalistes, en particulier lors d’événements publics où la présence des médias est essentielle à la redevabilité publique.
Elle a souligné que l’impunité persistante dont bénéficient les auteurs d’agressions contre des journalistes a encouragé la récidive et instauré un climat de peur qui menace la survie d’un journalisme indépendant au Nigeria.
GIK/lb/ac/Sf/APA







