Les responsables des écoles coraniques ont été reçus jeudi par les autorités religieuses dans un contexte marqué par l’absence d’un cadre national structurant pour ce secteur. La rencontre relance le débat sur la protection des enfants, la régulation et la place de cet enseignement dans les politiques publiques.
L’audience accordée par le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, jeudi 15 janvier au nouveau bureau de l’Union des écoles et centres de mémorisation du Saint Coran intervient alors que l’enseignement coranique demeure largement en marge des dispositifs étatiques. Selon les données communiquées par l’Union, le Mali compte environ 1 000 centres accueillant plus de 40 000 élèves, un volume qui contraste avec la faiblesse des mécanismes de suivi pédagogique et social.
Des organisations humanitaires et éducatives alertent depuis plusieurs années sur la vulnérabilité d’une partie de ces enfants, notamment en milieu urbain, exposés à la mendicité, à l’errance ou à l’abandon scolaire. Sans amalgame, des experts soulignent que l’absence de régulation peut également créer des fragilités dans un contexte sécuritaire déjà tendu.
Dans la sous-région, des pays comme le Sénégal ou la Mauritanie ont engagé des réformes visant à encadrer l’enseignement religieux, avec des résultats inégaux mais une reconnaissance institutionnelle plus affirmée. Au Mali, la rencontre du 15 janvier est perçue par plusieurs observateurs comme une étape préliminaire.
Elle pourrait ouvrir la voie à un dialogue plus large sur l’harmonisation des programmes, la protection des enfants et l’intégration progressive de ces écoles dans une vision éducative nationale, à condition que des actes concrets suivent les échanges.
Un autre levier souvent cité dans les cercles religieux et institutionnels concerne la formation des cadres religieux. Depuis 2013, près de 700 imams maliens auraient bénéficié de programmes de formation au Maroc, axés sur l’enseignement d’un islam fondé sur le juste milieu, la prévention de l’extrémisme, la médiation sociale et le rôle citoyen du religieux.
Ces imams, formés notamment à la gestion des mosquées, à l’encadrement des jeunes et au discours religieux contextualisé, sont perçus par plusieurs acteurs comme un relais potentiel pour accompagner la structuration de l’enseignement coranique.
Leur implication plus visible dans les écoles et centres de mémorisation pourrait contribuer à renforcer la protection des enfants, à améliorer les contenus éducatifs et à inscrire durablement cet enseignement dans un cadre apaisé, compatible avec les exigences sociales, sécuritaires et éducatives du pays.
MD/ac/Sf/APA







