Réunie jeudi matin à Dakar, la cérémonie de rentrée académique 2025-2026 du Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS), couplée à la remise des diplômes 2024-2025, a mis l’accent sur la souveraineté stratégique du Sénégal et l’intégration du spatial comme nouvel axe majeur de réflexion en matière de défense et de sécurité.
La souveraineté stratégique du Sénégal, adossée à la maîtrise du spatial, a dominé les échanges lors de la cérémonie officielle marquant la rentrée académique 2025-2026 du CHEDS et la remise des diplômes de la promotion 2024-2025, tenue jeudi matin à Dakar, sous la présidence du ministre des Forces armées, le général Birame Diop.
Le ministre a, dans son allocution remise à APA, souligné que la formation de haut niveau dispensée par le CHEDS constitue « un pilier essentiel de la souveraineté, de la stabilité et de la prospérité de nos États », dans un contexte international marqué par l’incertitude et l’émergence de menaces hybrides. Il a ajouté que la remise des diplômes consacre l’entrée des auditeurs dans « un cercle d’experts civils et militaires appelés à penser la sécurité au-delà des évidences ».
Abordant le thème de la conférence inaugurale, « La politique spatiale du Sénégal : enjeux et perspectives », le général Diop a rappelé que « l’espace est désormais un théâtre majeur de rivalités de puissance et un socle indispensable de l’autonomie stratégique des nations ». Il a cité le président Bassirou Diomaye Faye, selon lequel « la souveraineté du Sénégal ne se limite pas à ses frontières terrestres et maritimes, elle s’étend désormais aux nouveaux espaces stratégiques où se joue l’avenir des nations, notamment le numérique et le spatial ».
Le ministre a également souligné que « l’observation de la Terre, les télécommunications, la navigation satellitaire, la gestion des catastrophes, la surveillance des frontières, la sécurité maritime, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale » sont autant de domaines où le spatial constitue « un multiplicateur de puissance et d’efficacité ». Il a salué le lancement en 2024 du premier satellite national dans le cadre du projet SENSAT, qualifié d’« étape décisive » vers l’autonomie stratégique du Sénégal.
Pour sa part, le directeur général du CHEDS, le général Jean Diémé, a rappelé que l’institution accompagne « l’État dans la formation d’une élite capable d’anticiper les menaces émergentes et d’agir avec discernement ». Il a insisté sur l’importance d’intégrer le spatial dans les doctrines de défense et de sécurité, soulignant que la politique spatiale nationale « ne se limite pas au lancement de satellites, mais englobe la maîtrise des données géospatiales, les aspects politiques, économiques et environnementaux, ainsi que la sécurité des frontières et la gestion des catastrophes ».
S’exprimant au nom des diplômés de la promotion 2024-2025, le porte-parole Eladji Malick Mboup a déclaré : « Nous intégrons désormais le cercle des élites formées par le CHEDS. Cette reconnaissance ne saurait être interprétée comme un privilège, mais bien comme une exigence accrue de responsabilité. » Il a salué la qualité de la formation et des mémoires soutenus, qui constituent « un capital intellectuel et moral au service de l’État et du bien commun ».
Le porte-parole a formulé plusieurs recommandations, notamment « intégrer des voyages d’étude », « institutionnaliser des visites officielles au Ministère de l’Intérieur, au Haut Commandement de la Gendarmerie et à l’État-Major des Armées » et créer « un laboratoire de prospective et d’analyse stratégique » pour renforcer l’anticipation face aux mutations géopolitiques.
La cérémonie a enfin réaffirmé le rôle du CHEDS comme « centre d’excellence, pilier fondamental de la souveraineté intellectuelle et stratégique du Sénégal », dans un monde où « la maîtrise du spatial s’impose désormais comme un enjeu central de défense, de sécurité et de développement ».
AC/Sf/APA







