A l’issue du Conseil des ministres tenu, le 9 avril 2025, sous la présidence du chef de l’État, le gouvernement malien a annoncé l’organisation d’une consultation nationale sur la relecture de la Charte des partis politiques.
L’initiative de relecture du système partisan au Mali s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la Refondation et répond à l’urgence d’assainir le paysage politique national.
Le Mali s’engage dans une nouvelle phase de refondation de son système politique avec l’organisation, en avril 2025, d’une vaste consultation nationale sur la relecture de la Charte des partis politiques. Cette initiative gouvernementale fait suite aux recommandations issues des Assises nationales de la Refondation et vise à répondre aux critiques récurrentes sur la fragmentation excessive du paysage politique et les dérives observées depuis l’avènement du multipartisme intégral en 1991
Cette consultation se déroulera en deux phases. La première, régionale, est prévue les 16 et 17 avril dans les 19 régions administratives du pays, le district de Bamako et 49 ambassades et consulats à l’étranger. La seconde, dite nationale, aura lieu les 28 et 29 avril à Bamako et regroupera les délégués régionaux, les représentants du district de Bamako ainsi que ceux des Maliens établis à l’extérieur
L’objectif est de recueillir les propositions des partis politiques, des organisations de la société civile et des représentants des communautés maliennes sur les modalités de révision de la Charte. Il s’agira de formuler des recommandations précises pour encadrer davantage la vie politique, en particulier la création, le fonctionnement et le financement des partis
Avec environ 300 partis légalement reconnus à ce jour, le système partisan malien est régulièrement qualifié de pléthorique, inefficace et clientéliste. Des réformes sont envisagées pour imposer des conditions plus strictes à la création de partis, réduire leur nombre par des fusions et mettre fin à la dynamique de création à but électoraliste ou de convenance personnelle
La transhumance politique, phénomène largement décrié où des élus changent d’allégeance en cours de mandat pour rejoindre un autre parti ou la majorité présidentielle, constitue un autre point central du débat. Il est proposé d’interdire ce comportement par voie légale, avec des sanctions allant jusqu’à la déchéance du mandat pour les élus qui quitteraient le parti sous lequel ils ont été élus.
Le statut du chef de file de l’opposition, longtemps resté flou dans la pratique institutionnelle malienne, fait également l’objet de réflexions. Les consultations pourraient aboutir à l’instauration d’un statut juridique formel attribué au leader du parti ayant le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée nationale, avec des avantages et une reconnaissance officielle garantissant son rôle dans le débat démocratique.
Le mode de financement des partis politiques est aussi remis en question. Actuellement, l’État malien accorde un appui budgétaire équivalent à 0,25 % des recettes fiscales annuelles, réparti entre les partis éligibles selon leur représentativité. Des propositions visent à supprimer ce financement public ou à le conditionner plus rigoureusement, afin de favoriser les formations véritablement actives et représentatives.
En toile de fond, cette consultation nationale incarne une volonté politique de restaurer la crédibilité du système partisan et de renforcer la participation citoyenne à la vie démocratique. Dans un contexte de transition politique prolongée et de défiance envers les institutions, ces réformes pourraient marquer un tournant structurel pour la gouvernance du Mali.
MD/Sf/te/APA






