Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA) a qualifié lundi le génocide rwandais de folie meurtrière ayant atteint les sommets de la barbarie humaine.
« Je voudrais réitérer cet appel à la conscience de l’humanité : Sous le slogan ‘Plus jamais ça’ », a déclaré le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahamoud Ali Youssouf, ajoutant que « notre humanité commune ne devrait souffrir ni complaisance ni relâchement face aux situations répréhensibles de génocide, de nettoyage ethnique ou de crime contre l’humanité sur notre continent et dans le monde ».
Il lançait à Addis-Abeba les événements commémorant le pire génocide de la seconde moitié du XXe siècle, perpétré au Rwanda et ayant entraîné la mort d’un million de Tutsis et de Hutus modérés aux mains d’un gouvernement dirigé par les Hutus entre avril et juillet 1994.
Mahamoud Ali Youssouf a déclaré que ce massacre de masse pourrait être « le résultat d’une gouvernance défaillante, de manipulations politiques et de conflits ethnicoreligieux grégoriens ». Il a toutefois affirmé qu’après 30 ans, la stigmatisation du génocide s’était dissipée, le Rwanda étant cité en exemple de développement
socio-économique, comme en témoigne sa participation au Sommet mondial sur l’intelligence artificielle à Kigali le mois dernier.
« Quel chemin parcouru ! C’est remarquable », a-t-il ajouté, soulignant que se souvenir du passé douloureux du Rwanda visait à éviter qu’il ne se reproduise.
« L’Etat de droit, la justice et l’équité dans une société sont les garants de la paix sociale et de la coexistence pacifique entre les communautés. Par ailleurs, je reste convaincu que l’Union africaine a un rôle central à jouer dans la prévention et la résolution de ce type de crise », a-t-il déclaré.
Et Youssouf d’ajouter : « Si le multilatéralisme semble aujourd’hui stimulé par un monde en perpétuelle mutation, il est de notre devoir de réaffirmer son importance et de défendre sa pertinence et sa légitimité. »
Vous vous souviendrez qu’à la suite de crises mondiales majeures, en 1930 et 1945, les nations se sont réunies pour convenir d’une plateforme multilatérale afin de préserver la paix mondiale et d’organiser les affaires mondiales dans leurs différentes composantes. Cependant, bien qu’il ait contribué au maintien de la paix et de la
sécurité mondiales des décennies après la fin de la Seconde guerre mondiale, le génocide rappelle « l’échec du système multilatéral dans de telles circonstances » et a appelé à la vigilance et à la réactivité des systèmes d’alerte précoce et de prévention.
Le président de la CUA a exprimé la solidarité africaine avec le président rwandais Paul Kagamé, qui s’efforce d’engager son pays sur la voie de la paix, de la réconciliation et du développement.
La commémoration du génocide a débuté par une journée d’introspection solennelle à Arusha, en Tanzanie, et à Addis-Abeba, en Éthiopie, où des cérémonies commémoratives se déroulaient lundi matin.
Elles comprenaient une marche du souvenir, des prières religieuses, l’allumage de la Flamme du souvenir et le dépôt de gerbes au monument du siège de la Communauté de l’Afrique de l’Est dédié au génocide. L’événement a été accompagné d’un chant commémoratif, d’un documentaire et d’une minute de silence observée à la mémoire des victimes.
WN/as/fss/Sf/ac/APA







