Selon le rapport État de l’énergie en Afrique : perspectives 2026 de la Chambre africaine de l’énergie (AEC), l’Afrique voit de plus en plus le gaz naturel comme un atout clé pour la croissance, l’emploi et l’indépendance énergétique.
Le rapport annuel de l’African Energy Chamber (AEC) souligne une évolution majeure des politiques énergétiques sur le continent, marquée par le passage d’un modèle centré sur l’exportation du gaz à la structuration de marchés intérieurs capables de soutenir la production d’électricité, l’industrialisation et la diversification économique.
Selon l’AEC, cette transition ne constitue pas un pari risqué mais une étape incontournable pour permettre aux pays africains producteurs de gaz de valoriser pleinement leurs ressources fossiles, tout en accompagnant la transition énergétique mondiale. La demande intérieure de gaz devrait ainsi connaître une croissance soutenue dans les prochaines années, tirée principalement par l’augmentation des besoins en électricité.
L’Angola illustre cette dynamique, avec une stratégie visant à rééquilibrer ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) et son approvisionnement domestique. Après la mise en service de l’usine Angola LNG en 2008, le pays multiplie les initiatives pour accroître l’offre gazière, notamment à travers des projets offshore, le développement de gisements de gaz non associé et l’expansion progressive de ses infrastructures de transport.
Sur le plan intérieur, le gaz alimente déjà la centrale à cycle combiné de Soyo (750 MW), contribuant à stabiliser le réseau électrique. Les ambitions angolaises incluent également la construction d’unités industrielles, notamment dans les engrais et la pétrochimie, ce qui devrait renforcer la demande nationale et soutenir l’industrialisation à moyen terme.
En Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et le Sénégal ont rejoint en 2025 le cercle des exportateurs de GNL grâce au projet transfrontalier Greater Tortue Ahmeyim (GTA). Cette infrastructure en eaux profondes a généré des milliers d’emplois locaux et prévoit un approvisionnement en gaz destiné à la production d’électricité et à d’autres usages industriels, notamment au Sénégal dès 2026.
Le rapport relève que ces projets nationaux s’inscrivent dans une tendance continentale plus large. D’ici 2025, la production brute de gaz naturel en Afrique devrait atteindre 331 milliards de mètres cubes, portée principalement par l’Algérie, le Nigéria et l’Égypte. Le gaz fournit déjà près de 40 % de l’électricité du continent et pourrait demeurer une composante centrale du mix énergétique jusqu’en 2050.
Pour l’AEC, le gaz naturel constitue un combustible de transition essentiel, capable de soutenir le développement des énergies renouvelables grâce à sa flexibilité, tout en accompagnant l’abandon progressif du charbon et du fioul dans plusieurs pays africains.
Le rapport insiste également sur l’importance des groupements électriques régionaux, tels que le Pool électrique ouest-africain (WAPP) ou le Southern African Power Pool (SAPP), pour renforcer l’intégration énergétique du continent. Le futur Marché unique africain de l’électricité, envisagé à l’horizon 2040, pourrait ainsi amplifier le rôle du gaz en reliant producteurs et consommateurs à l’échelle continentale.
l’AEC affirme que le gaz naturel ne doit plus être considéré comme une simple marchandise d’exportation, mais comme un catalyseur de prospérité et de souveraineté énergétique. En combinant exportations de GNL et usages domestiques, l’Afrique dispose, selon le rapport, d’une opportunité stratégique pour accélérer son développement tout en préparant une transition énergétique inclusive et durable.
RNK/ac/Sf/APA







