Le 29 mai reste associé à l’une des principales transitions politiques contemporaines du continent africain avec le retour du Nigeria à un régime civil en 1999, après près de seize années de domination militaire. La date renvoie également aux recompositions de la Corne de l’Afrique au début des années 1990.
Le 29 mai occupe une place particulière dans l’histoire politique africaine contemporaine, principalement à travers la transition démocratique nigériane de 1999 qui inaugure la Quatrième République du pays le plus peuplé du continent.
Le 29 mai 1999, Olusegun Obasanjo prête serment comme président de la République fédérale du Nigéria à Abuja, mettant fin à près de seize années de domination militaire continue commencée après le coup d’État de décembre 1983.
La nouvelle Constitution nigériane entre officiellement en vigueur le même jour, ouvrant la voie à la Quatrième République. Ancien chef d’État militaire entre 1976 et 1979, Obasanjo avait déjà marqué l’histoire politique africaine en transférant volontairement le pouvoir à un gouvernement civil élu à la fin des années 1970, avant de revenir deux décennies plus tard comme président démocratiquement élu sous les couleurs du Parti démocratique du peuple (PDP).
Emprisonné sous le régime du général Sani Abacha entre 1995 et 1998 pour un prétendu complot, Obasanjo est libéré après la mort de ce dernier et remporte l’élection présidentielle de février 1999.
Son investiture est alors saluée par la communauté internationale comme un tournant majeur pour l’Afrique de l’Ouest et pour le Nigeria, pays déjà considéré à l’époque comme la principale puissance démographique et économique du continent.
Obasanjo dirige le pays jusqu’en 2007 et transmet le pouvoir à Umaru Musa Yar’Adua lors de la première transmission entre deux présidents civils élus dans l’histoire du Nigeria indépendant.
La Constitution de 1999, rédigée durant la transition militaire, demeure toutefois au cœur de débats persistants sur l’équilibre des pouvoirs fédéraux, la redistribution des revenus pétroliers et les relations entre les États fédérés et le pouvoir central d’Abuja.
Ces questions alimentent durant les années suivantes les tensions politiques dans le delta du Niger, la montée des groupes armés comme le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) et les revendications séparatistes dans certaines régions du pays.
La Quatrième République reste néanmoins la plus longue période de stabilité constitutionnelle continue depuis l’indépendance du Nigéria en 1960.
Le 29 mai a longtemps été célébré comme le « Democracy Day » nigérian avant que le président Muhammadu Buhari ne transfère officiellement cette commémoration au 12 juin en hommage à l’élection présidentielle annulée de 1993 remportée par Moshood Abiola.
La date renvoie également à d’autres transformations majeures du continent africain. Le 29 mai 1991, le nouveau pouvoir issu du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) consolide son contrôle d’Addis-Abeba après l’effondrement du régime militaro-marxiste du Derg et la fuite du dirigeant Mengistu Haile Mariam.
Deux ans plus tard, en mai 1993, l’Érythrée indépendante engage ses premières démarches diplomatiques internationales après son admission aux Nations Unies, devenant officiellement l’un des plus jeunes États du continent africain.
Sf/APA






