Les autorités sanitaires africaines et plusieurs centres de recherche internationaux accélèrent le développement de vaccins contre la souche rare « Bundibugyo » du virus Ebola, à l’origine d’une nouvelle flambée épidémique en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
La souche « Bundibugyo » du virus Ebola suscite une vive inquiétude au sein de la communauté scientifique, car aucun vaccin homologué n’existe actuellement pour assurer une protection spécifique contre cette souche. Contrairement au variant Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières d’Ebola en Afrique, Bundibugyo demeure encore peu étudié malgré sa dangerosité.
Le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a annoncé qu’un vaccin pourrait être disponible d’ici fin 2026 si les recherches en cours aboutissent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme que plusieurs candidats vaccins expérimentaux sont actuellement en développement dans le cadre d’une mobilisation scientifique internationale.
Parmi eux figure le vaccin « rVSV-Bundibugyo », dont les essais cliniques pourraient débuter dans un délai de sept à neuf mois. Un autre candidat, baptisé « ChAdOx1-Bundibugyo », utilisant une technologie à vecteur viral similaire à celle employée pour certains vaccins contre la COVID-19, pourrait entrer en phase d’essais humains dans les prochains mois.
La Russie affirme également avoir développé un candidat vaccin capable de cibler cette nouvelle souche. Le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, a indiqué que ce projet s’appuie sur les recherches menées pendant la grande épidémie d’Ebola qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Selon plusieurs experts, ce vaccin serait dérivé du programme « GamEvac-Combi », mis au point par l’Institut Gamaleya, déjà utilisé en Russie contre la souche Zaïre du virus Ebola. Moscou estime que les technologies développées à cette période peuvent être adaptées rapidement à la variante Bundibugyo.
Cependant, de nombreux scientifiques appellent à la prudence. Le vaccin « Ervebo », actuellement homologué au niveau international, offre principalement une protection contre la souche Zaïre, et son efficacité contre Bundibugyo n’a pas été démontrée. De plus, aucune étude clinique publiée à ce jour ne confirme les performances du candidat russe contre cette nouvelle variante.
La situation sanitaire reste particulièrement préoccupante dans les zones frontalières entre l’est de la RDC et l’ouest de l’Ouganda. Les mouvements de population, l’insécurité persistante liée aux groupes armés et la fragilité des infrastructures médicales compliquent les opérations de surveillance et de riposte.
L’OMS a classé le niveau de risque national comme « très élevé » en RDC, tandis que les pays voisins renforcent leurs dispositifs de contrôle sanitaire. Des équipes médicales internationales ont été déployées pour intensifier le dépistage, le suivi des contacts et les campagnes de sensibilisation auprès des populations locales.
Identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, la souche Bundibugyo présente un taux de mortalité inférieur à celui de la souche Zaïre, mais demeure hautement dangereuse. La maladie provoque notamment de fortes fièvres, des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées et, dans les cas les plus graves, des hémorragies internes et externes.
Face au risque de propagation régionale, les autorités sanitaires africaines appellent à un soutien financier accru de la communauté internationale afin d’accélérer la recherche vaccinale et d’éviter une nouvelle crise sanitaire majeure sur le continent.
À ce jour, l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda fait état de plus de 1 000 cas suspects et d’au moins 223 décès suspects en RDC, selon les dernières données relayées par l’OMS et plusieurs agences sanitaires internationales.
TE/Sf/APA







