Le gouvernement tunisien amorce un virage dans la gouvernance des transports, avec une série de réformes structurelles visant à remédier à la vétusté du réseau, à l’endettement des entreprises publiques et à la dépendance au mode routier.
À l’occasion d’un Conseil ministériel restreint, la cheffe du gouvernement tunisien, Najla Bouden, a annoncé un changement de cap dans la politique nationale des transports, marquant la volonté de rompre avec les approches fragmentées du passé.
Par cette refonte, qui sera intégrée au plan quinquennal 2026–2030, la Tunisie entend moderniser les infrastructures, redresser la situation financière des opérateurs publics et mettre en place un modèle multimodal résilient, en phase avec les mutations économiques et climatiques.
Parmi les premières mesures évoquées figurent : la réhabilitation du réseau ferroviaire, la digitalisation des services de transport urbain, la transition énergétique des flottes (avec l’introduction de bus électriques), ainsi que la revalorisation du transport maritime et logistique au service de l’export.
Le secteur souffre d’une dégradation généralisée des services, de retards chroniques, d’une maintenance défaillante et d’un endettement structurel des entreprises publiques telles que la SNCFT (Société nationale des chemins de fer tunisiens) ou la TRANSTU. À elle seule, la SNCFT cumule près de 1,4 milliard de dinars tunisiens de dettes, selon les données du ministère des Transports.
Face à ces difficultés, le gouvernement veut également ouvrir la voie à des partenariats public-privé dans certaines activités à faible rentabilité publique mais à fort potentiel logistique, notamment dans les zones industrielles, les ports secs, ou les transports de marchandises vers l’Afrique subsaharienne.
Cette nouvelle stratégie intervient dans un contexte marqué par la montée des attentes sociales, notamment dans les régions intérieures où l’accès aux transports est de plus en plus restreint, alimentant un sentiment d’exclusion et une perte de mobilité professionnelle.
Si les annonces ont été saluées comme un premier pas positif, plusieurs experts appellent à une réforme plus globale de la gouvernance, avec un cadre réglementaire modernisé, une meilleure coordination intersectorielle et des mécanismes transparents de financement, pour éviter que cette réforme ne reste lettre morte.
MK/ac/APA




