La Tanzanie souhaite attirer de nouveaux investissements du groupe Dangote dans les secteurs des engrais, du raffinage pétrolier, de l’énergie et des infrastructures industrielles, afin d’accélérer son industrialisation et de renforcer ses capacités de production.
L’appel au groupe Dangote pour davantage d’investissements industriels en Tanzanie a été lancé par le ministre d’État nigérian à la Présidence, chargé de la Planification et des Investissements, le professeur Kitila A. Mkumbo, lors d’une visite d’une délégation tanzanienne à la raffinerie de pétrole et au complexe pétrochimique de Dangote à Lagos.
Selon le ministre, cette visite fait suite aux discussions engagées plus tôt cette année entre la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan et le président-directeur général de Dangote Industries Limited, Aliko Dangote, sur l’élargissement des investissements du groupe en Tanzanie.
Dangote est déjà fortement implanté dans le pays d’Afrique de l’Est, notamment à travers une cimenterie représentant un investissement d’environ 800 millions de dollars. Dar es Salaam souhaite désormais tirer davantage parti de l’expertise du groupe dans les engrais, le raffinage et les infrastructures industrielles.
« Nous sommes venus ici pour faire suite aux discussions qu’ils ont eues avec notre Président concernant de nouveaux investissements de Dangote en Tanzanie », a déclaré M. Mkumbo.
Le responsable tanzanien a particulièrement insisté sur l’intérêt de son pays pour les capacités du groupe dans la production d’engrais et le raffinage, deux secteurs jugés stratégiques pour soutenir la croissance économique et réduire la dépendance aux importations.
Au-delà de la relation bilatérale, M. Mkumbo estime que l’expansion des investissements de Dangote en Afrique peut contribuer à approfondir l’intégration économique du continent, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« L’Afrique a besoin aujourd’hui de libération économique, et cela ne peut venir que par l’industrialisation », a-t-il soutenu, appelant les pays africains à passer d’une coopération essentiellement politique à une intégration économique fondée sur la production et les échanges intra-africains.
Le ministre a également mis en avant l’importance du développement des capacités locales de raffinage pour renforcer la sécurité énergétique du continent. Il a estimé que l’existence de grandes unités de transformation, à l’image de la raffinerie Dangote au Nigéria, pouvait contribuer à réduire l’exposition des économies africaines aux fluctuations des marchés pétroliers internationaux.
Les perturbations récentes sur les marchés mondiaux des hydrocarbures, notamment celles liées aux tensions autour du détroit d’Ormuz, illustrent selon lui la nécessité pour l’Afrique d’accroître ses capacités de raffinage et de transformation.
Pour la Tanzanie, l’accès à une énergie fiable et abordable demeure un préalable à l’industrialisation. L’augmentation des capacités de production et de transformation devrait ainsi contribuer à réduire les coûts énergétiques, soutenir la compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie des populations.
La visite de la délégation tanzanienne à Lagos intervient alors que Dar es Salaam et le groupe Dangote poursuivent leurs échanges sur de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération industrielle.
À travers cette démarche, la Tanzanie entend renforcer son partenariat avec l’un des principaux groupes industriels africains et inscrire cette coopération dans une dynamique plus large d’industrialisation et d’intégration économique du continent.
GIK/fss/te/Sf/APA





