Le Centre régional de recherche en écotoxicologie et sécurité environnementale (CERES-Locustox) a engagé, mardi à Dakar, son premier atelier consacré à l’analyse situationnelle de l’institution, une étape majeure dans l’élaboration de son prochain Plan stratégique de développement (PSD).
Réunissant des représentants du ministère de l’Agriculture, des institutions partenaires, du Bureau organisation et méthode (BOM), ainsi que les responsables et collaborateurs du centre, la rencontre doit permettre de poser un diagnostic approfondi des performances, contraintes et perspectives du CERES-Locustox.
L’objectif est de procéder à une analyse « sans complaisance » des dimensions organisationnelles, institutionnelles, gestionnelles et stratégiques de l’institution, afin de dégager les priorités qui guideront son action au cours des cinq prochaines années.
Pour l’administratrice générale du CERES-Locustox, Fatou Tabane, cet exercice constitue un « tournant historique » pour une institution appelée à jouer un rôle accru dans la recherche, l’expertise et la surveillance environnementale au Sénégal.
Créé à la suite du projet Locustox mis en œuvre par la FAO avec l’appui des Pays-Bas, le centre a été reconnu fondation d’utilité publique par le décret n°99-1297 du 31 décembre 1999. Placé sous la tutelle technique du ministère chargé de l’Agriculture, il intervient notamment dans l’évaluation des effets des substances chimiques utilisées dans l’agriculture sur les écosystèmes sahéliens.
Le CERES-Locustox dispose de quatre unités spécialisées dédiées respectivement à la chimie environnementale, à la qualité des eaux et des engrais, aux analyses biologiques ainsi qu’à la qualité et à la réglementation. Deux de ces unités sont accréditées selon la norme ISO 17025, une référence internationale pour les laboratoires d’essais et d’analyses.
Ces infrastructures permettent au centre de réaliser des analyses de pesticides, d’hydrocarbures et d’autres contaminants, de contrôler la qualité des intrants agricoles et d’évaluer l’impact des substances chimiques sur les organismes vivants et les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins.
Vers un plan « ambitieux et réaliste »
Membre du Conseil de fondation, Ibrahima Yade a appelé les participants à considérer l’atelier comme un véritable « espace de production », plutôt que comme une simple rencontre institutionnelle.
Le futur plan stratégique devra être « ambitieux et réaliste », en conciliant les opportunités offertes au centre, ses ressources, ses contraintes et les transformations de son environnement, a-t-il indiqué.
Les travaux doivent notamment permettre d’examiner et d’enrichir la première base de réflexion élaborée par l’administration, afin de faire émerger une vision commune, cohérente et opérationnelle.
Le conseiller technique au ministère de l’Agriculture, Cheikh Sadibou Pène, a, de son côté, insisté sur la nécessité de respecter la méthodologie proposée par le Bureau organisation et méthode et de privilégier des échanges structurés, orientés vers des résultats concrets.
La tutelle réaffirme son accompagnement
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le représentant de la tutelle a renouvelé l’appui du département au processus engagé par le CERES-Locustox.
Il a notamment mis en avant la contribution du centre à la souveraineté agricole et à la sécurité sanitaire, à travers son expertise dans l’évaluation des impacts des pesticides, le contrôle des intrants et la surveillance de la qualité des eaux, des sols et des aliments.
L’élaboration du prochain PSD répond, selon lui, aux exigences de modernisation de l’action publique, qui imposent aux structures parapubliques davantage de performance, de transparence et d’efficacité.
Le diagnostic devra ainsi permettre d’identifier les forces et faiblesses du CERES-Locustox et de définir les principaux leviers susceptibles d’améliorer sa gouvernance, ses capacités scientifiques et son rayonnement.
« Vos conclusions constituent le socle de la trajectoire moderne du centre », a déclaré le représentant du ministère, avant de procéder à l’ouverture officielle de l’atelier.
À travers cette démarche, le CERES-Locustox entend se doter d’une feuille de route adaptée aux nouveaux enjeux environnementaux et agricoles, tout en consolidant son rôle d’outil scientifique au service d’une agriculture plus sûre, d’une meilleure protection des écosystèmes et du renforcement de la souveraineté nationale.
TE/Sf/APA







