Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, a prononcé un important discours à la Nation, dimanche 9 août 2026, appelant solennellement les députés à voter en faveur du projet de loi portant révision de la Constitution de Sierra Léone (2025).
En vue du prochain scrutin parlementaire, le chef de l’État sierrra-léonais a présenté le projet de révision constitutionnelle non comme une initiative partisane, mais comme l’aboutissement de plus de deux décennies de consultations nationales destinées à consolider la démocratie, garantir une gouvernance électorale équitable et renforcer l’inclusion politique de l’ensemble des citoyens. Il a invité les parlementaires à dépasser les clivages politiques, soulignant que leur vote devait être guidé exclusivement par l’intérêt supérieur de la Nation.
Rappelant les origines de ce processus de réforme amorcé lors de la transition vers la paix, le président Bio a souligné que la révision constitutionnelle constituait un pôle central de l’Accord de paix de Lomé de 1999, ainsi que des recommandations de la Commission vérité et réconciliation.
Il a salué les contributions des administrations successives, à commencer par la création du Comité de révision dirigé par le Dr Peter Tucker sous la présidence d’Ahmed Tejan Kabbah, puis les travaux du Comité dirigé par le juge Edmond Cowan sous le mandat d’Ernest Bai Koroma. Entre 2013 et 2017, ce comité de 80 membres a mené plus de 10 000 consultations publiques à travers le pays, recueilli 150 cahiers de doléances et consulté 133 groupes de parties prenantes, posant ainsi les bases du processus consultatif le plus vaste de l’histoire du pays.
Le projet d’amendement introduit plusieurs réformes majeures dans le paysage politique national, notamment l’instauration d’un quota constitutionnel obligatoire de 30 % de femmes sur les listes de candidatures politiques, ainsi que l’introduction du scrutin proportionnel.
Ces dispositions visent à transformer l’égalité des genres en une garantie constitutionnelle exécutoire, tout en ouvrant l’espace de gouvernance aux jeunes, aux professionnels et aux groupes sous-représentés. En outre, le texte entend renforcer l’indépendance opérationnelle, la responsabilité et la transparence des institutions électorales bien avant les prochaines élections générales, alignant ainsi la Sierra Leone sur les normes démocratiques prônées par l’Union africaine, la Cédéao et l’Organisation des Nations unies.
Face aux inquiétudes relatives au calendrier et à la portée des réformes, le président Bio a insisté sur le fait qu’une révision des règles électorales menée en dehors de toute urgence électorale permet d’éviter les confusions, de préserver la confiance du public et d’offrir au Parlement l’opportunité de lever toute ambiguïté juridique. Évoquant son rôle dans le retour du pays à un régime civil en 1996, le chef de l’État a conclu par un appel vibrant aux législateurs, les exhortant à voter « Oui » pour bâtir un socle démocratique plus solide et plus inclusif pour les générations futures.
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