Face à la résurgence des tensions frontalières et des troubles civils entre États membres, la Commission des affaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) appelle à la création et au déploiement d’une force conjointe professionnelle aux points d’entrée des pays partenaires. Objectif : enrayer les conflits récurrents et renforcer l’intégration régionale.
Présidée par James Nsaba Buturo, la Commission des affaires de la CAE a souligné que, malgré les protocoles existants sur la paix et la sécurité, les États membres continuent de faire face à des troubles graves. D’où l’idée de mener des patrouilles conjointes sur les axes routiers.
« Le Protocole vise à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité au sein de la Communauté, ainsi que le bon voisinage. Cependant, peu de progrès ont été enregistrés, comme en témoigne l’insécurité entre les États membres », a-t-il déclaré le jeudi 10 avril 2025 lors de la présentation du rapport de la Commission sur le document-cadre budgétaire 2025/2026 du ministère des Affaires de la CAE, en séance plénière présidée par le vice-président de la Chambre, Thomas Tayebwa.
Buturo a pointé du doigt les conséquences des troubles politiques et civils en République démocratique du Congo, au Sud-Soudan et en Somalie, qui freinent le développement économique et compromettent l’unité régionale. En Ouganda, les commerçants transfrontaliers seraient particulièrement affectés.
« Ils sont persécutés, tués, leurs entreprises sabotées, notamment au Rwanda, en RDC et au Soudan du Sud », a-t-il affirmé.
La Commission propose le déploiement d’équipes de patrouille conjointes sur les principaux axes routiers pour contrer la contrebande et les actes de violence visant les commerçants.
Le député Jallon Okullo, du comté de Lamwo, a relaté des incursions de Sud-Soudanais sur le territoire ougandais, ignorant les démarcations officielles. Il a appelé à l’installation de panneaux de signalisation clairs aux frontières.
Fredrick Angura, député du comté de Tororo Sud, a, pour sa part, demandé au ministère de sensibiliser les autorités frontalières locales, qu’il accuse d’entraver les mouvements transfrontaliers ordinaires.
Le ministre d’État aux Affaires de la CAE, Ikuya Magode, a assuré que son département travaille à harmoniser les relations frontalières. « Chaque État doit exercer son autorité à l’intérieur de ses frontières et les étrangers doivent se conformer aux règles du pays dans lequel ils se trouvent », a-t-il rappelé.
Enfin, les parlementaires ont demandé un renforcement de la sensibilisation autour des objectifs de la Communauté de l’Afrique de l’Est, encore peu connue du grand public selon eux.
WN/as/fss/ac/Sf/APA







