Face à la recrudescence des violences dans le conflit de chefferie de Bawku, le gouvernement ghanéen a ordonné dimanche le déploiement de l’armée dans cette région du nord du pays. Cette décision marque un durcissement de la stratégie sécuritaire, passant du maintien à l’application de la paix.
Le gouvernement ghanéen a annoncé dimanche le déploiement des Forces armées à Bawku et dans les zones environnantes pour faire face à la récente escalade de violence dans le conflit de chefferie qui secoue cette région du nord du pays.
Dans un communiqué signé par Felix Kwakye Ofosu, porte-parole du président et ministre des Communications gouvernementales, les autorités indiquent passer d’une approche de « maintien de la paix » à une stratégie d’« application de la paix » en raison de la détérioration de la situation sécuritaire.
« Les Forces armées ghanéennes ont été déployées pour maintenir la loi et l’ordre, alors que nous intensifions les couvre-feux pour assurer la sécurité publique », précise le communiqué parvenu à APA, assurant que l’armée « prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger les vies et les biens ».
Le gouvernement a salué les efforts de médiation menés par Otumfuo Osei Tutu II, roi des Ashantis, soulignant que cette médiation, « avec l’aide authentique de Nayiri et Zugraana, avait presque apporté une solution définitive au conflit jusqu’aux meurtres très récents ».
Ces nouveaux incidents violents ont contraint les autorités à prendre des « actions drastiques pour protéger tous dans l’intérêt du bien commun », selon le texte officiel.
Le conflit de chefferie de Bawku, qui oppose depuis des décennies les communautés Mamprusi et Kusasi sur la légitimité du pouvoir traditionnel local, a connu ces derniers mois une recrudescence des tensions malgré les tentatives de médiation.
Les autorités appellent « toutes les parties à s’abstenir de violence et à soutenir le processus de paix », tout en invitant les résidents à « coopérer pleinement avec les Forces Armées Ghanéennes ».
Le gouvernement a exprimé ses regrets pour les « désagréments que cette intervention d’application de la paix peut causer aux populations pacifiques », réaffirmant son engagement à « restaurer la paix et la stabilité à Bawku et dans d’autres zones affectées ».
Au 27 juillet 2025, les violences liées au conflit de chefferie à Bawku, ont fait plusieurs morts ces dernières semaines, sans qu’un bilan officiel ne soit publié. Selon les médias ghanéens tels que MyJoyOnline et Graphic Online, au moins huit personnes auraient été tuées en juillet lors de fusillades et d’embuscades, malgré les couvre-feux instaurés.p
AC/Sf/APA







