L’Afrique du Sud demande au Conseil de sécurité de l’ONU de se réunir d’urgence après l’opération américaine ayant conduit à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse, dénonçant une violation de la Charte des Nations Unies.
Le gouvernement sud-africain a exprimé, samedi, sa « grave préoccupation » et estimé que l’usage unilatéral de la force contre Caracas menace la stabilité internationale et viole le principe d’égalité entre États souverains. Prétoria souligne que de telles invasions aggravent les crises et l’instabilité mondiale.
Le département américain de la Justice (DOJ) a annoncé que Nicolas Maduro est inculpé pour « complot de narcoterrorisme », « complot d’importation de cocaïne », « possession de mitrailleuses et d’engins destructeurs », ainsi que pour « complot en vue de posséder des armes lourdes et des dispositifs destructeurs » contre les États-Unis. Cilia Flores est également inculpée. Selon le DOJ, le couple devra « répondre de ses actes devant la justice américaine, sur le sol américain ».
Le président Donald Trump a confirmé l’opération militaire, affirmant que Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés » du Venezuela. De fortes explosions et des bruits de survols d’avions ou de missiles ont été signalés à Caracas, où le gouvernement vénézuélien a dénoncé une « très grave agression militaire ».
Washington a intensifié sa pression sur Caracas ces derniers mois, déployant sa flotte dans les Caraïbes et frappant certains navires vénézuéliens pour lutter contre le narcotrafic.
La procureure Pamela Bondi a salué l’opération sur X, la qualifiant de « hautement réussie », et a rendu hommage à Donald Trump pour avoir « exigé des comptes au nom du peuple américain ».
La condamnation par Prétoria s’inscrit dans un concert de critiques internationales. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé une « violation inacceptable de la souveraineté d’un État indépendant », tandis que le leader politique français Jean-Luc Mélenchon a qualifié l’opération d’« intervention militaire d’un autre âge » et d’« enlèvement odieux », accusant les États-Unis de s’emparer des ressources vénézuéliennes sous prétexte de lutte contre le narcotrafic.
L’Afrique du Sud insiste pour que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse de toute urgence afin d’examiner cette situation et de prévenir un affaiblissement de l’ordre international.
AC/Sf/APA







