Une étude universitaire publiée le 9 juillet 2025 à Sfax révèle que 70 % des migrants subsahariens présents en Tunisie rejettent l’idée d’un retour au pays et souhaitent poursuivre leur route vers l’Europe, illustrant une situation migratoire de plus en plus tendue.
Réalisée par le sociologue Zouhair Ben Jannet (Université de Sfax), en collaboration avec le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) et le laboratoire ECUMUS, l’étude s’appuie sur 379 questionnaires menés à Tunis, Sfax (notamment Jebeniana et El Amra) et Médenine (Zarzis). Elle met en lumière la grande précarité dans laquelle vivent les migrants, souvent sans abri ou réfugiés près des ONG. Démontant que 70 % des subsahariens veulent passer en Europe.
L’enquête recense 23 nationalités, avec une majorité de Soudanais. Parmi les répondants, 27 % sont des femmes — dont 5 % avec enfants — et environ 26 % ont fait des études universitaires. On estime entre 2 500 et 3 000 le nombre d’enfants mineurs en Tunisie, dont plusieurs ne sont pas enregistrés à l’état civil.
La Tunisie apparaît comme une zone de transit forcé, conséquence des politiques migratoires non coordonnées dans la région. Selon l’étude, 60 % des migrants sont entrés via l’Algérie, 24 % par la Libye. Des expulsions massives en provenance d’Algérie, parfois estimées à 40 000 personnes, contribuent à accentuer la pression sur les zones frontalières tunisiennes.
Autre constat : la défiance envers les structures internationales. Environ 70 % des migrants interrogés déclarent ne faire confiance ni aux ONG ni aux agences onusiennes, après parfois plus d’une décennie d’errance dans différents pays.
Les auteurs mettent en garde contre un « embouteillage migratoire durable », susceptible d’accentuer les fragilités sociales de la Tunisie.
MK/te/Sf/APA






