Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est constitué autour de la présidence, des services de sécurité et du gouvernement, un réseau de responsables réputés proches, tout en composant avec une armée qui demeure un centre majeur du pouvoir.
Réélu en 2024 après son arrivée à la présidence en 2019, Abdelmadjid Tebboune a progressivement renforcé son influence au sein de l’appareil d’État algérien, selon des informations publiées par Africa Intelligence. Cette consolidation intervient dans un système où l’Armée nationale populaire (ANP), incarnée par son chef d’état-major Saïd Chengriha, conserve une place déterminante et impose au chef de l’État des arbitrages permanents.
La présidence bénéficie notamment de l’instabilité observée ces dernières années à la tête des services de renseignement intérieur. Le général Abdelkader Aït Ouarabi a quitté en mai la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), un an seulement après sa nomination. Son prédécesseur Abdelkader Haddad avait également connu un passage relativement bref. La structure est désormais dirigée par Mounir Zahi. À la sécurité extérieure, Rochdi Fethi Moussaoui a remplacé en 2024 Mehenna Djebbar, dont les rapports avec la présidence étaient décrits comme difficiles.
Autour de Tebboune s’est parallèlement constitué un premier cercle civil. Son directeur de cabinet, Boualem Boualem, apparaît comme l’un de ses collaborateurs les plus importants. Brahim Merad, ancien ministre de l’Intérieur et directeur de la campagne présidentielle de 2024, demeure également proche du chef de l’État. À leurs côtés figurent notamment le conseiller diplomatique Amar Abba, l’économiste Farid Kourtel et le conseiller politique Mustapha Saïdj.
La communication constitue un autre pilier du dispositif présidentiel. Kamel Sidi Saïd, responsable de la communication à la présidence, occupe une position centrale dans les relations avec les médias. La chaîne publique internationale AL24 News participe parallèlement à la promotion du récit de la « Nouvelle Algérie », concept autour duquel la présidence construit depuis plusieurs années son discours politique.
Cette proximité s’étend enfin au gouvernement. Les ministres Saïd Sayoud, Yacine Oualid, Mohamed Tarek Laribi et Zoheir Bouamama sont présentés comme appartenant, à des degrés différents, à l’écosystème politique façonné autour de Tebboune. Cette architecture ne signifie toutefois pas une présidentialisation sans partage : elle traduit plutôt la recherche d’un équilibre entre El Mouradia, l’armée, les services de renseignement et un cercle resserré de fidèles, dans un système algérien où les rapports de force institutionnels restent déterminants.
MK/Sf/APA







