L’Algérie aurait commencé à intégrer ses premiers chasseurs furtifs russes Su-57E, devenant le premier client étranger de cet appareil de cinquième génération, une acquisition susceptible de modifier les équilibres militaires au Maghreb et d’attirer l’attention des partenaires occidentaux de la région.
L’armée de l’air algérienne a intégré ses premiers Sukhoi Su-57 dans leur version destinée à l’exportation. Des essais et premières missions d’entraînement auraient déjà été observés en Algérie. Les discussions menées avec le constructeur russe United Aircraft Corporation (UAC), intégré au groupe public Rostec, porteraient sur un premier lot de douze à quatorze appareils.
Cette acquisition permettrait à Alger de franchir le seuil technologique des avions de combat de cinquième génération. Le Su-57 est notamment conçu autour d’une signature radar réduite et dispose de capacités de guerre électronique, d’un radar AESA Sh121 et de capteurs optroniques. Sa capacité de supercroisière lui permet également d’évoluer à vitesse supersonique sans recourir systématiquement à la postcombustion. Il viendrait compléter une flotte algérienne déjà largement équipée de matériels russes, notamment des Su-30MKA.
L’arrivée éventuelle de ces appareils pourrait peser sur l’équilibre aérien avec le Maroc, engagé de son côté dans la modernisation de ses forces autour des F-16 et du renforcement de ses capacités de défense antiaérienne. Dans un contexte de relations diplomatiques rompues depuis 2021 et de fermeture de l’espace aérien algérien aux avions marocains, cette montée en gamme technologique nourrit une compétition militaire déjà importante entre les deux voisins.
La portée de l’acquisition dépasse toutefois le Maghreb. L’exploitation d’un appareil russe de cinquième génération en Méditerranée occidentale pourrait conduire les pays européens et l’OTAN à renforcer leur surveillance du flanc sud, alors que les relations entre Moscou et les puissances occidentales restent fortement dégradées.
L’achat expose enfin potentiellement Alger à des tensions avec Washington. La législation américaine CAATSA permet aux États-Unis d’imposer des sanctions à certains pays réalisant des transactions importantes avec le secteur russe de la défense.
L’Algérie devra ainsi concilier son partenariat militaire historique avec Moscou avec ses relations économiques et diplomatiques avec les États-Unis et l’Union européenne.
MK/Sf/APA







