Trente ans après la signature du Processus de Barcelone, l’Union européenne s’apprête à relancer en profondeur sa politique de voisinage avec les pays du sud de la Méditerranée.
La Commission européenne a annoncé cette semaine la mise en place d’un « nouveau Pacte pour la Méditerranée », présenté comme une initiative stratégique pour « approfondir la coopération et renforcer les relations » entre les deux rives.
Selon Dubravka Šuica, commissaire européenne pour la Méditerranée, ce pacte constitue « un effort nouveau et ambitieux pour faire de la région un espace commun de stabilité, de prospérité et de sécurité ».
Le texte, élaboré conjointement avec les États membres et les partenaires du Sud, repose sur trois piliers majeurs : le renforcement des échanges humains, la stimulation de la croissance économique et la promotion d’une sécurité régionale partagée.
La responsable européenne a insisté sur le caractère concret du dispositif. « Le pacte vise à stimuler les investissements, créer des opportunités pour les jeunes et les entreprises, et produire des résultats tangibles qui changent réellement la vie des gens », a-t-elle déclaré à Bruxelles.
Plusieurs programmes existants, tels qu’Erasmus+ et Horizon Europe, seront élargis aux pays partenaires méditerranéens.
La Commission prévoit également de lancer une « Initiative de coopération transméditerranéenne pour l’énergie et les technologies propres », dans le but de soutenir la transition énergétique et l’innovation dans la région.
Ce cadre élargi couvrira un vaste champ d’action : énergie propre, technologies vertes, gestion de l’eau, adaptation au climat, création d’emplois, éducation, mobilité, innovation numérique, connectivité portuaire, ainsi que sécurité et défense. Il s’agit, selon Bruxelles, d’un dispositif flexible et évolutif, à la différence du Processus de Barcelone de 1995, jugé aujourd’hui trop rigide et institutionnel.
À Alger, l’ambassadeur de l’Union européenne, Diego Mellado Pascua, a salué cette nouvelle approche lors d’une rencontre organisée par la Fondation Konrad Adenauer. Il a souligné que « le nouveau pacte pour la Méditerranée est une opportunité de dépasser la crise qui caractérise l’Accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne ». Selon lui, le pacte repose sur un principe de réciprocité : « un partenariat d’égal à égal, où chacun défend ses intérêts », tout en cherchant « des compromis et des terrains d’entente ».
Le diplomate européen a également évoqué les ambitions économiques du projet, estimant qu’il s’agit d’« un message clair aux partenaires du Sud de revenir vers la région méditerranéenne, où le potentiel est considérable ». Il a précisé que le pacte n’imposera pas de structures institutionnelles lourdes, mais se développera progressivement, notamment à travers des rencontres de haut niveau et des initiatives bilatérales.
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