Le parti islamiste Ennahdha estime que la décision de la Cour d’appel de Tunis met fin à douze années d’accusations politiques. Les familles des victimes, elles, dénoncent toujours l’impunité.
Le mouvement Ennahdha a salué, mercredi 15 octobre, le verdict prononcé en appel dans l’affaire de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, y voyant une « confirmation éclatante » de son innocence. Dans un communiqué diffusé sur ses réseaux officiels, le parti affirme que les jugements rendus par la Cour d’appel de Tunis le 14 octobre « prouvent la fausseté des accusations » portées contre lui et contre son président, Rached Ghannouchi.
Selon le texte, la décision judiciaire intervient après « plus de douze années de campagnes diffamatoires » cherchant à impliquer le mouvement islamiste dans le meurtre de Belaïd, abattu par balles le 6 février 2013 devant son domicile à Tunis. Ennahdha souligne que la Cour d’appel « n’a prononcé aucune condamnation, directe ou indirecte, contre un membre du mouvement », ce qui, selon lui, « rétablit la vérité et démasque les manipulations politiques ».
Le parti dénonce en outre les « retards volontaires » qui auraient prolongé le procès et accuse certaines parties civiles d’avoir cherché à instrumentaliser la justice pour « compenser leur échec sur le terrain politique et populaire ».
Ennahdha insiste enfin sur le caractère indépendant du jugement : « Ce verdict a été rendu alors que nous sommes dans l’opposition, dans un climat politique hostile à la démocratie. »
L’affaire Belaïd demeure l’un des dossiers les plus sensibles de la transition tunisienne. Le militant de gauche, figure du Front populaire, avait été assassiné en 2013, en pleine montée des tensions entre islamistes et opposition laïque. Sa mort avait déclenché une onde de choc et précipité la chute du gouvernement dirigé par Ennahdha à l’époque.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis a statué mardi sur 23 accusés, dont 14 en détention et 9 en liberté. Les peines vont du non-lieu à la condamnation à mort par pendaison, selon les chefs d’accusation.
Si Ennahdha se félicite du verdict, plusieurs voix proches de la famille Belaïd dénoncent un jugement « incomplet » et « influencé par des considérations politiques ». Le collectif de défense de la victime a réaffirmé sa volonté de poursuivre le combat judiciaire « jusqu’à la pleine vérité ».
MK/ac/Sf/APA







