À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, le Projet pour les droits socio-économiques et la responsabilité (SERAP) appelle les 19 candidats désignés par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) à jouer la carte de la transparence en publiant volontairement leur patrimoine, leurs dettes et l’origine de leurs principaux actifs.
Dans une lettre ouverte datée du 8 août 2026 et signée par Kolawole Oluwadare, directeur adjoint du SERAP, l’organisation demande aux prétendants à la magistrature suprême de rendre publics, avant le scrutin, leurs avoirs et leurs engagements financiers, ainsi que ceux de leurs conjoints et, le cas échéant, de leurs enfants célibataires âgés de moins de 18 ans.
Pour le SERAP, cette démarche devrait aller au-delà des exigences légales minimales et constituer un engagement volontaire en faveur de normes plus élevées de transparence, de responsabilité et d’intégrité dans la compétition présidentielle.
« Les candidats qui sollicitent des Nigérians la confiance de pouvoirs constitutionnels considérables sur les finances publiques, les ressources naturelles, les nominations et les institutions de sécurité devraient être disposés, avant de demander leurs votes, à démontrer que leurs finances personnelles peuvent résister à un examen public raisonnable », souligne l’organisation.
Le patrimoine comme test de crédibilité
Le SERAP estime que la publication des déclarations de patrimoine permettrait aux électeurs de mieux apprécier les éventuels conflits d’intérêts, d’identifier les principales sources de richesse des candidats et de disposer d’une référence pour mesurer, à l’avenir, les éventuelles variations de leur fortune s’ils accèdent au pouvoir.
L’organisation demande notamment aux candidats de préciser l’origine légitime de leurs principaux actifs, notamment leurs participations dans des entreprises, investissements, propriétés immobilières, dons substantiels et héritages, tout en veillant à la protection de leur sécurité et de leur vie privée.
Elle souhaite également que les candidats élus s’engagent à actualiser leurs déclarations et à justifier toute augmentation significative de leur patrimoine au cours de leur mandat.
« Les Nigérians ne devraient pas être invités à choisir entre les candidats en fonction de leurs moyens financiers. Ils devraient pouvoir choisir en fonction de leurs politiques, de leurs compétences, de leur intégrité, de leur caractère et de leur vision pour le Nigeria », fait valoir le SERAP.
L’achat de votes dans le viseur
Au-delà de la question patrimoniale, l’organisation de défense des droits et de la bonne gouvernance exhorte les 19 prétendants à rejeter publiquement et sans ambiguïté l’achat de votes et toute forme de corruption électorale avant et pendant le scrutin de 2027.
Les candidats devraient, selon le SERAP, donner des instructions claires à leurs partis, équipes de campagne, agents et sympathisants afin qu’aucun argent, cadeau, nourriture, avantage lié au transport ou autre avantage matériel ne soit distribué en échange de suffrages.
L’organisation les invite également à signaler aux autorités compétentes toute accusation crédible d’achat de votes impliquant leurs structures de campagne ou leurs proches collaborateurs.
Pour le SERAP, cette exigence revêt une importance particulière dans un contexte de difficultés économiques et de pauvreté, qui peuvent accroître la vulnérabilité des électeurs et favoriser les pratiques d’achat de conscience.
« La démocratie nigériane appartient à ses citoyens. Les votes ne doivent pas s’acheter. La fonction publique ne doit pas être considérée comme une propriété privée », insiste l’organisation.
Les 19 prétendants interpellés
La liste communiquée par le SERAP comprend le président Bola Tinubu (APC), Atiku Abubakar (ADC), Peter Obi (NDC), le sénateur Sandy Onor (PDP), Omoyele Sowore (AAC), Donald Duke (PRP), Okwori Ada Elizabeth Frederick (NDP), Chukwu Anita Zugwai (YPP), Rufai Adekunle Omoaje (AA) et Adenuga Sunday (Boot Party).
Les autres candidats sont Memeh Samuel (DLA), Nwanyanwu Daniel Danerechukwu (ZLP), Okereke Sunday Chibuzor (LP), Okereke Iken Esther (NRM), Abbas-Bin Aliyu (ADP), Dikwa Suleiman Mohammed (NNPP), Adebayo Adewole Ebenezer (SDP), Seyi Makinde (APM) et Yusuf Kabiru (APP).
Le SERAP leur demande enfin de signer et de publier une déclaration publique d’intégrité, engageant leurs partis et leurs organisations de campagne à œuvrer en faveur d’une élection pacifique, transparente, responsable et débarrassée de la corruption.
L’organisation rappelle que la Constitution nigériane de 1999, telle qu’amendée, ainsi que les normes internationales relatives aux droits humains consacrent le principe d’un choix électoral libre et éclairé. Dans cette perspective, elle considère la transparence financière des candidats et la lutte contre l’achat de votes comme deux conditions essentielles à la crédibilité du scrutin présidentiel de 2027.
GIK/fss/te/APA





