C’est dans un climat contrasté, mêlant triomphalisme comptable et mise au point disciplinaire, que s’est ouvert ce vendredi 31 juillet 2026, à Abidjan, le séminaire bilan de la Direction générale des impôts (DGI).
Portant sur les résultats du 2e trimestre et du 1er semestre 2026, ainsi que sur les perspectives du 3e trimestre, le séminaire bilan de la Direction générale des impôts (DGI), ce vendredi 31 juillet, a servi de tribune au directeur général, Abou Sié Ouattara, pour défendre l’institution ivoirienne, actuellement secouée par une affaire de détournement présumé de 39 milliards Fcfa.
Sur le front des recettes, les clignotants sont au vert. La DGI a largement surperformé ses objectifs pour le deuxième trimestre 2026. Pour une cible fixée à 1 711,2 milliards Fcfa, l’administration fiscale a recouvré la somme de 1 778,7 milliards Fcfa.
Cet écart positif de 67,5 milliards Fcfa représente un taux de réalisation exceptionnel de 103,9%. En comparaison avec la même période en 2025, les recettes affichent une croissance spectaculaire de 26,65%, soit une hausse nominale de 374,3 milliards Fcfa.
À l’échelle du premier semestre, la tendance reste positive avec 2 992,9 milliards Fcfa collectés (pour un objectif de 2 985,0 milliards Fcfa), soit un taux de réalisation de 100,3% et une progression de 19,2% en glissement annuel. Ces performances viennent effacer le déficit de 108 milliards de Fcfa enregistré à la fin du premier trimestre.
« L’engagement a été tenu », s’est félicité le directeur général des impôts, se projetant déjà vers les objectifs du second semestre fixés à 2 874,4 milliards Fcfa, dont 1 504,4 milliards Fcfa attendus pour le troisième trimestre.
L’actualité judiciaire s’est invitée dans les débats. Face à la polémique entourant le détournement présumé de 39 milliards Fcfa, Abou Sié Ouattara a fustigé la « surexposition médiatique négative » dont est victime la DGI.
Selon lui, cette situation nuit gravement à l’image de l’institution et fragilise les agents face aux citoyens.
Le directeur général a fermement recadré la récente sortie médiatique d’un agent agissant sous la couverture d’un syndicat.
« Il ne connaît même pas l’affaire, il ne sait pas à quel niveau on est. On est sur ce dossier depuis novembre 2025 », a-t-il martelé, rappelant que des personnes sont déjà incarcérées et que les procédures judiciaires suivent leur cours.
Rappelant les notions de « devoir de réserve, de secret professionnel et de loyauté », il a qualifié ces déballages de « comportement suicidaire ».
« On ne peut scier la branche sur laquelle on est assis », a-t-il imagé.
Le séminaire, axé sur le thème « Quelles stratégies pour l’amélioration du rendement du régime de l’entreprenant et du régime des micro-entreprises ? », doit permettre de corriger les contre-performances constatées dans ces segments d’imposition, largement en deçà des attentes de l’État.
Pour maintenir la dynamique, Abou Sié a tracé une feuille de route claire axée sur l’optimisation des impôts leaders comme l’impôt sur les bénéfices, l’impôt sur les salaires et la TVA, le renforcement du contrôle fiscal, le recouvrement des arriérés et l’intensification de la sensibilisation des contribuables.
Présent à la cérémonie, Vassogbo Bamba, directeur de cabinet adjoint et représentant du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a salué les performances managériales de la DGI. Il conclut en exhortant l’ensemble des agents à « prendre courage » face à cette crise médiatique qui affecte le moral de l’administration fiscale.
AP/Sf/APA







