Coup de tonnerre sur l’échiquier politique ivoirien. Justin Katinan Koné, 4ème vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation politique de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, a été placé sous mandat de dépôt.
Cette incarcération découle d’une plainte déposée par le RHDP, le parti au pouvoir, combinée aux enquêtes sur les violences qui ont émaillé la présidentielle d’octobre 2025. Avec cette nouvelle procédure, la pression judiciaire s’intensifie sur les figures de l’opposition ivoirienne.
Ce début de mois de septembre 2026 marque un tournant majeur avec la réclusion de l’une des figures de proue du PPA-CI, Justin Katinan Koné, déféré à la Section antiterroriste du tribunal d’Abidjan, où une information judiciaire a été formellement ouverte à son encontre.
L’affaire a débuté le lundi 7 septembre 2026. Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir, a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan après une conférence de Katinan Koné.
Le RHDP, le parti présidentiel reproche à Justin Katinan Koné, cadre du PPA-CI, des faits graves : « diffamation, injure par le biais d’un système d’information, ainsi que diffusion de nouvelles fausses ». Conformément aux procédures, le procureur de la République a émis un soit-transmis.
Après l’audition de la partie civile, Justin Katinan Koné a été entendu à son tour par les agents enquêteurs de la préfecture de police. Au terme de cette première enquête, le procureur a sollicité la transmission du procès-verbal en renseignement judiciaire afin de saisir le tribunal correctionnel.
L’affaire a pris une tout autre dimension lorsque le Procureur de la République a instruit les officiers de police judiciaire d’interroger le prévenu sur un autre volet : sa participation présumée aux troubles survenus durant la période électorale de 2025.
Le parquet avait fermement prévenu, via un communiqué daté du 24 octobre 2025, que les violences électorales ne resteraient pas impunies. Le message de l’époque était clair : les auteurs, complices et commanditaires de ces exactions seraient traqués et jugés, sans distinction de statut.
À l’issue de sa garde à vue et de son déferrement devant la Section antiterroriste, les charges retenues contre le 4ème vice-président du PPA-CI s’avèrent particulièrement lourdes. L’information judiciaire ouverte s’accompagne d’un mandat de dépôt pour divers chefs d’inculpation, parmi lesquels.
Une information judiciaire a été formellement ouverte à l’encontre de Justin Koné Katinan, assortie d’un mandat de dépôt, pour de lourds chefs d’inculpation incluant des actes terroristes, attentat et complot contre l’autorité de l’État.
Il lui est aussi reproché sa participation à un mouvement insurrectionnel et une atteinte à l’ordre public, l’apologie des crimes de meurtre, attroupement armé et non armé, ainsi que l’organisation de manifestations interdites et incendies volontaires de véhicules sur l’ensemble du territoire national.
Ces poursuites s’appuient notamment sur les dispositions strictes des articles 3, 8 et 10 de la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 portant répression du terrorisme, ainsi que sur une douzaine d’articles du Code pénal ivoirien. L’incarcération de ce proche de Gbagbo promet déjà de raviver les tensions politiques dans le pays.
AP/APA





