Face au défi du chômage des jeunes en Afrique, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) teste une nouvelle approche destinée à accélérer la mise en œuvre des politiques nationales de jeunesse, en misant sur la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et l’insertion économique.
Avec plus de 400 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, le continent africain dispose d’un important potentiel humain, encore insuffisamment intégré aux marchés de l’emploi. Pour réduire l’écart entre les politiques publiques et les réalités du terrain, la CEA a lancé un programme pilote baptisé « Renforcement de la mise en œuvre des politiques de jeunesse et des voies vers l’emploi en Afrique ». Les premiers résultats de cette initiative ont été présentés le 28 mai à Addis-Abeba.
Le projet a été expérimenté dans un premier temps à Dire Dawa, en Éthiopie, lors d’un atelier organisé du 11 au 13 février 2026. Cette rencontre a rassemblé autorités locales, organisations de jeunesse, acteurs de la société civile et représentants du secteur privé afin d’examiner les moyens de rendre plus concrète l’application de la politique nationale de jeunesse.
Au cours des échanges, plusieurs jeunes entrepreneurs, diplômés récents et demandeurs d’emploi ont souligné les difficultés persistantes auxquelles ils font face.
« Après la formation, les jeunes ont besoin d’outils, d’équipements et d’un accès aux marchés. Sans cela, il reste difficile de transformer les compétences acquises en revenus », a expliqué Buzayew Abebe, entrepreneur basé à Dire Dawa.
Dans la continuité de cette initiative, une réunion régionale d’experts s’est tenue à Addis-Abeba du 22 au 24 mars. Elle a réuni des représentants des États membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), des responsables gouvernementaux djiboutiens ainsi que des universitaires.
L’envoyé spécial de l’IGAD pour la jeunesse, Sam Ogwal, a identifié plusieurs priorités : renforcer l’intégration des conseils nationaux de jeunesse, adapter les programmes de formation aux besoins réels du marché du travail et assouplir les réglementations qui freinent les start-ups créées par les jeunes.
Les recommandations issues de ces différentes consultations serviront à alimenter une étude réalisée en partenariat avec Oxford Economics. Celle-ci doit fournir aux gouvernements africains un outil d’analyse et d’orientation pour améliorer leurs politiques d’emploi des jeunes. Un mécanisme régional d’apprentissage entre pays membres de l’IGAD est également prévu.
« La jeunesse africaine représente le principal atout du continent, mais ce potentiel ne pourra se concrétiser sans actions volontaristes », a rappelé Zuzana Schwidrowski, directrice de la Division du développement socio-économique de la CEA.
ARD/te/Sf/APA







