L’entreprise internationale GKSD propose la construction de deux usines de valorisation énergétique des déchets à Benghazi, un projet ambitieux mêlant recyclage, production d’électricité et partenariats stratégiques, mais dont les contours financiers et institutionnels restent encore peu détaillés.
L’entreprise GKSD a soumis un projet visant à construire deux usines de recyclage et de valorisation énergétique des déchets solides dans la ville de Benghazi, avec production d’électricité à partir des déchets. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion entre le directeur général du Fonds de développement et de reconstruction de la Libye, Belgassim Haftar, et le président de GKSD, Kamal El-Gheribi, selon un communiqué officiel du Fonds.
Présentée comme une « initiative qualitative », la proposition s’inscrit dans un discours axé sur la durabilité environnementale, la réduction de l’impact écologique des déchets urbains et la transition vers des sources d’énergie propres. Les deux parties ont évoqué une entrée imminente dans une phase opérationnelle, marquée par la signature de contrats dans plusieurs secteurs, notamment la santé, l’environnement et les énergies propres.
Toutefois, au-delà des intentions affichées, peu d’éléments concrets ont été rendus publics sur les capacités réelles des futures installations, leur technologie, leur coût global ou leur mode de financement. Aucune estimation de la production électrique attendue ni du volume de déchets traités n’a été communiquée, alors même que Benghazi fait face à des défis structurels majeurs en matière de gestion des déchets et de réseau énergétique.
La réunion a également permis à GKSD de présenter des projets dans le secteur de la santé, un volet qui occupe une place centrale dans les discussions avec le Fonds. L’entreprise propose notamment la maintenance, la rénovation, la gestion et l’exploitation de plusieurs établissements majeurs : le Centre médical de Benghazi, le Centre national de traitement oncologique, le nouvel Hôpital de médecine et de chirurgie pédiatriques, l’Hôpital de la femme et de la maternité, ainsi que l’Hôpital universitaire d’Al-Marj. Là encore, les autorités mettent en avant le respect des normes internationales, sans préciser les mécanismes de contrôle, de gouvernance ou d’évaluation des performances.
Le Fonds de développement et de reconstruction a qualifié cette rencontre d’« étape cruciale » marquant le passage de la planification à la mise en œuvre. Ce vocabulaire volontariste contraste cependant avec l’opacité persistante entourant les modalités contractuelles, dans un pays où les grands projets d’infrastructure ont souvent été freinés par l’instabilité politique, la fragmentation institutionnelle et les difficultés de financement.
Si le projet de valorisation énergétique des déchets répond à des besoins réels — environnementaux, sanitaires et énergétiques — il soulève aussi des interrogations sur la capacité des autorités libyennes à garantir un cadre réglementaire solide, une transparence financière et une réelle intégration de ces infrastructures dans une stratégie nationale cohérente. En l’absence de ces garanties, l’initiative de GKSD apparaît pour l’instant davantage comme une promesse stratégique que comme un projet pleinement consolidé.
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