Le gouvernement malien a officiellement lancé, ce 14 mai 2026, les travaux de curage des collecteurs et caniveaux du District de Bamako, dans le cadre du Programme 2026 du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA).
Des opérations de curage du réseau d’assainissement de Bamako sont organisées à l’approche de l’hivernage, après les graves inondations enregistrées en 2024 qui avaient causé d’importantes pertes humaines et matérielles.
Selon le communiqué issu du Conseil des ministres du 13 mai, les travaux porteront sur un réseau de drainage de 348 517 mètres linéaires. Les opérations prévues comprennent le curage des caniveaux et collecteurs, le désherbage, l’enlèvement des déchets, l’évacuation des déblais ainsi que le suivi technique des infrastructures identifiées comme prioritaires.
À travers cette campagne, les autorités entendent limiter les risques d’inondation, améliorer l’évacuation des eaux pluviales et renforcer l’assainissement urbain dans une capitale régulièrement confrontée aux débordements pendant la saison des pluies.
Le projet s’inscrit dans le cadre du PRUBA, soutenu par la Banque mondiale, qui vise à améliorer les services urbains liés à l’assainissement, à la gestion des déchets et à l’accès à l’eau, tout en renforçant la résilience des zones vulnérables face aux inondations.
Cette opération intervient dans un contexte encore marqué par les conséquences des inondations de 2024. En août de cette année-là, les autorités maliennes avaient déclaré l’état de catastrophe nationale après des pluies diluviennes ayant touché plusieurs régions ainsi que Bamako. Les premiers bilans faisaient état de 122 cas d’inondation recensés dans 17 régions et dans la capitale, affectant plus de 47 000 personnes et causant au moins 30 décès.
Par la suite, les chiffres consolidés relayés notamment par la Banque mondiale ont révélé une catastrophe d’une ampleur bien plus importante : plus de 370 000 personnes touchées, 95 morts, des dizaines de milliers d’habitations détruites, des infrastructures endommagées et d’importantes pertes agricoles et pastorales. Au total, plus de 88 000 ménages ont été affectés à travers le pays.
Face à cette situation, la Banque mondiale avait annoncé en avril 2025 un financement additionnel destiné au Mali et au Tchad afin de renforcer les dispositifs de prévention et de gestion des inondations. Pour le Mali, ce soutien devait notamment permettre de reconstituer les ressources du PRUBA après l’activation de son mécanisme d’urgence, mobilisé à hauteur de 73 millions de dollars après les crues de 2024.
En amont de l’hivernage 2026, les autorités avaient déjà présenté un plan de prévention prévoyant le curage de 241 kilomètres de caniveaux et de 85 kilomètres de collecteurs. Elles avaient également annoncé la libération partielle de plusieurs marigots du District de Bamako, avec plus de 40 kilomètres déjà traités.
La vulnérabilité de Bamako aux inondations reste accentuée par sa configuration géographique. Construite sur les rives du fleuve Niger et entourée de collines, la ville connaît des difficultés récurrentes d’écoulement des eaux, aggravées par l’occupation de certains lits de marigots, l’insuffisance des infrastructures d’assainissement et l’accumulation de déchets dans les caniveaux.
Les prévisions climatiques régionales pour 2026 renforcent les inquiétudes. Les experts du Forum PRESASS annoncent une saison des pluies potentiellement marquée par des écoulements moyens à excédentaires dans plusieurs bassins fluviaux d’Afrique de l’Ouest, avec des risques élevés de ruissellements et de débordements dans certaines zones du Mali.
Dans ce contexte, les autorités présentent cette opération de curage comme une mesure préventive essentielle pour limiter les impacts des fortes pluies et protéger les populations de la capitale contre de nouvelles catastrophes.
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