L’Assemblée générale de l’ONU a adopté vendredi, à une écrasante majorité, une résolution portée par le Togo pour une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles de l’Afrique et des autres continents.
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a salué vendredi l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de la résolution « Corriger la carte », portée par le Togo au nom du Groupe africain.
Le texte a été adopté par 164 voix pour, une contre et six abstentions, les Etats-Unis étant le seul pays à avoir voté contre. Non contraignante, la résolution encourage notamment le recours à des projections cartographiques à surfaces équivalentes, comme Equal Earth, lorsque la comparaison des superficies est déterminante.
Cette adoption intervient dans le cadre d’une initiative visant à corriger les distorsions liées à la projection de Mercator, utilisée depuis le XVIe siècle notamment pour la navigation. Celle-ci agrandit visuellement les territoires situés à proximité des pôles et réduit proportionnellement ceux proches de l’équateur.
À titre d’illustration, l’Afrique couvre environ 30,4 millions de km², soit près de 14 fois la superficie du Groenland, alors que les deux territoires peuvent apparaître de dimensions comparables sur une carte de Mercator.
Le président de la Commission de l’UA a félicité le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi que le Togo pour leur leadership dans la défense de cette initiative et leur contribution à la mobilisation d’un large soutien international.
Il a également salué les Etats membres de l’UA et le Groupe africain à New York pour leur « unité et leur mobilisation collective » en faveur de la résolution.
M. Youssouf estime que l’adoption du texte constitue « un important pas en avant », soulignant que la projection de Mercator « ne reflète pas exactement les surfaces relatives des différentes régions du monde et minimise considérablement la taille réelle du continent africain ».
Au-delà de la cartographie, il considère que l’initiative pose la question de la représentation de l’Afrique sur la base de réalités « objectives et scientifiquement établies ».
Il encourage ainsi les institutions internationales, les systèmes éducatifs, les éditeurs et les plateformes numériques à promouvoir progressivement des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles.
La résolution ne prévoit toutefois pas l’abandon de la projection de Mercator, qui demeure adaptée à certains usages, notamment la navigation. Elle privilégie plutôt les projections à surfaces équivalentes lorsque la représentation proportionnelle des territoires est importante.
Pour le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dont les propos ont accompagné l’annonce de l’adoption, « corriger la carte signifie corriger la manière dont nous voyons le monde ».
« C’est une victoire pour l’Afrique, mais surtout, c’est une victoire pour tous ceux qui croient en un monde plus équitable, plus équilibré et plus précis », avait-il déclaré.
Le président de la Commission de l’UA conclut : « L’Union africaine devra être représentée telle qu’elle est : dans ses vraies dimensions et dans sa place légitime dans le monde. »
AC/APA







