Cinquante ans après la Marche verte, des responsables et experts réunis au Forum MEDays à Tanger ont souligné l’évolution du dossier du Sahara, marqué, selon eux, par une dynamique internationale favorable au plan marocain d’autonomie.
La ville de Tanger a servi de cadre d’échange à plusieurs responsables et experts autour d’une table ronde intitulée « 50 ans après la Marche verte : le Sahara marocain, de la souveraineté au développement et à la croissance », organisée en marge du Forum MEDays. Selon les organisateurs, le débat a réuni d’anciens responsables onusiens et plusieurs ex-ministres africains des Affaires étrangères. Les intervenants ont rappelé que cet anniversaire intervient dans un contexte marqué par l’adoption récente de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, reconduisant le processus politique mené sous l’égide des Nations Unies.
Pour Samir Bennis, ancien conseiller à l’ONU et cofondateur de Morocco World News, la Marche verte de 1975 « a constitué un tournant stratégique majeur », permettant au Maroc « d’obtenir le retrait pacifique de l’Espagne » via les accords de Madrid du 14 novembre 1975. Il a rappelé que le contexte de la guerre froide et la rhétorique anticoloniale avaient accru la polarisation autour de ce dossier, estimant que « le plan d’autonomie présenté par Rabat en 2007 est devenu au fil des ans la base la plus réaliste », un constat qu’il relie à la résolution 2440 de 2018 puis à la résolution 2797.
Plusieurs anciens ministres africains des Affaires étrangères ont souligné pour leur part l’évolution de la lecture diplomatique sur le continent. Fahmi Saïd Ibrahim El Maceli, ancien chef de la diplomatie des Comores, a présenté la démarche marocaine comme « une leçon de constance diplomatique », estimant que l’autonomie constitue « une base naturelle pour la résolution du différend ». Il a rappelé les « trois constantes » défendues par le roi Mohammed VI : souveraineté, institutions et monarchie, et islam, qu’il considère comme structurant la continuité historique du pays.
De son côté, l’ancien ministre libérien Gbehzohngar Milton Findley a mis en avant le développement socio-économique des provinces du Sud, jugeant que « l’ouverture de consulats africains à Dakhla et Laâyoune traduit l’évolution des positions sur le continent ». Il a estimé que « l’on ne peut envisager de solution sans reconnaître les progrès réalisés ».
Dans un entretien en marge du panel, il a qualifié la résolution 2797 de « signal positif pour l’Afrique », mentionnant le rôle du Maroc dans la coopération sécuritaire sahélienne.
Francis Kasaila, ancien chef de la diplomatie du Malawi, a rappelé le revirement de son pays en 2016 avec l’établissement de relations diplomatiques avec Rabat. Selon lui, la diplomatie marocaine « a contribué à clarifier le contexte historique dans plusieurs pays d’Afrique australe », y voyant « une évolution bénéfique pour le continent dans sa conception de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ».
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