Le Mali a annoncé, vendredi 10 juillet 2026, le retour de son ambassadeur à Alger et la réouverture de son espace aérien aux appareils civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie. Alger a levé le même jour ses propres restrictions aériennes, ouvrant une nouvelle phase d’apaisement après plus d’un an de crise entre les deux voisins.
Le gouvernement de la Transition au Mali a franchi une étape importante dans le rétablissement des relations entre Bamako et Alger. Dans son communiqué n°2026-003, il présente ces décisions comme participant à la redynamisation des liens de coopération et d’amitié entre le Mali et la République algérienne démocratique et populaire.
La première mesure concerne le retour à Alger de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali. Elle rétablit une représentation diplomatique de haut niveau et doit permettre la reprise des consultations officielles entre deux États liés par une longue frontière, des échanges humains anciens et des enjeux sécuritaires communs.
La seconde décision porte sur la réouverture de l’espace aérien malien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de l’Algérie. Quelques heures plus tard, le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé la levée de la mesure équivalente appliquée au trafic aérien malien. Cette réciprocité met fin aux restrictions instaurées en avril 2025 et rétablit les conditions normales de circulation aérienne entre les deux territoires.
La portée du geste est d’autant plus significative que Bamako avait encore démenti, en février 2026, les informations annonçant un retour imminent de son ambassadeur à Alger. Les autorités maliennes affirmaient alors qu’aucune évolution officielle ne permettait de parler d’une normalisation. L’annonce du 10 juillet marque ainsi un changement diplomatique clairement assumé.
La crise avait atteint son point culminant après la destruction d’un drone militaire malien dans la zone de Tinzaouatène, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Alger soutenait que l’appareil avait pénétré de deux kilomètres dans son espace aérien, tandis que Bamako affirmait que les débris avaient été retrouvés à 9,5 kilomètres à l’intérieur du territoire malien. Le Mali avait rappelé son ambassadeur, suivi par le Burkina Faso et le Niger, avant que l’Algérie ne prenne des mesures analogues et ne ferme son espace aérien au trafic malien. Bamako avait répondu par la réciprocité le 7 avril 2025.
Les tensions étaient toutefois antérieures à cet incident. Elles avaient commencé à s’aggraver à la fin de l’année 2023, notamment autour de l’accueil à Alger de l’imam Mahmoud Dicko, perçu par Bamako comme une ingérence dans ses affaires intérieures. La dénonciation, en janvier 2024, de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger avait ensuite privé la relation bilatérale de l’un de ses principaux cadres politiques. Les divergences sur la lutte contre les groupes armés et sur la gestion de la frontière avaient progressivement installé une profonde méfiance entre les deux capitales.
Cette reprise des relations diplomatiques et aériennes peut désormais faciliter les échanges officiels, la circulation des personnes et la coordination sur les questions transfrontalières. Elle pourrait aussi favoriser une relance des discussions économiques et sécuritaires, alors que la stabilité du nord du Mali et du sud algérien demeure un enjeu partagé.
Le dégel annoncé n’efface cependant pas les différends accumulés. Le contentieux lié au drone, les accusations réciproques concernant les groupes armés, la présence en Algérie de certaines personnalités maliennes et les divergences sur l’ancienne médiation d’Alger restent des dossiers sensibles. Aucun élément officiel ne permet, à ce stade, de conclure à leur règlement.
La décision du 10 juillet constitue néanmoins le geste d’apaisement le plus important depuis le début de la crise. En rétablissant un canal diplomatique permanent et la circulation aérienne, Bamako et Alger privilégient une reprise progressive du dialogue. La solidité de cette nouvelle dynamique dépendra désormais des mesures qui suivront, notamment du retour éventuel de l’ambassadeur algérien à Bamako et de la relance effective des mécanismes de coopération entre les deux pays.
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