La deuxième édition du Marché africain des solutions spatiales (MASS) a officiellement ouvert ses portes ce mardi 7 juillet 2026. Prévu sur trois jours (les 7, 8 et 9 juillet), cet événement stratégique rassemble les acteurs majeurs du secteur pour transformer l’innovation spatiale en leviers économiques concrets pour le continent.
Après une première édition axée sur la découverte du concept, le MASS 2026 franchit un cap. « Nous lançons la deuxième édition qui est une édition de maturité pour faire du business », a affirmé le Commissaire général de l’événement, Fabrice Irié.
Désormais, l’objectif est d’insuffler l’innovation au cœur des territoires pour générer des emplois et résoudre les défis locaux, en s’appuyant en premier lieu sur le pilier des demandeurs représentés par les collectivités locales à travers l’Uvicoci (Union des villes et communes) et l’ARDCI (Assemblée des régions et districts).
Le second pilier repose sur les offreurs de technologies, incluant les entreprises, les start-ups et les inventeurs, tandis que le troisième pilier assure le financement sous l’égide du Comité national de pilotage des partenariats publics-privés afin de rendre les projets pleinement bancables.

L’événement propose un programme riche comprenant une web TV, un forum, des pitchs de start-ups et un espace de démonstration appelé « l’Agora » pour connecter directement les collectivités aux solutions de pointe.
Séka Hyacinthe, représentant le ministre de la Transition numérique et de l’innovation technologique, a rappelé la vision du MASS : répondre aux besoins quotidiens des citoyens, des entreprises et des localités.
Pour le gouvernement ivoirien, l’adoption des technologies spatiales modernes, à l’instar des constellations de satellites en orbite basse LEO et MEO, s’avère indispensable pour garantir un accès universel au haut débit, désenclaver les zones blanches et réduire la fracture numérique administrative.
Cette révolution technologique, désormais accessible à l’Afrique, offre également des outils stratégiques pour lutter efficacement contre la cybercriminalité, cartographier les infrastructures et planifier des politiques publiques plus résilientes.

Soixante-dix ans après le lancement historique de Spoutnik 1 (1957) et d’Explorer 1 (1958) qui ont marqué le début de la course spatiale, la technologie s’est démocratisée. L’ère des CubeSats et des nanosatellites économiques permet aujourd’hui aux pays africains d’accéder à des images de haute résolution (moins d’un mètre) pour surveiller les cultures, les forêts et les mouvements de populations.
Le potentiel est immense et s’inspire de modèles mondiaux performants. À Shenzhen (Chine), l’usage combiné de l’IA et de drones automatisés a permis de traiter 44 000 accidents de la route à fin 2024 avec un gain d’efficacité de 70 %, tout en optimisant la salubrité urbaine et la gestion des sinistres en 3D.
Pour les collectivités territoriales, le spatial n’est plus une utopie futuriste. Koffi N’Guessan Lataille, représentant le président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), Eugène Aka Aouelé, a martelé l’importance de ces outils.
« Ils constituent désormais des outils indispensables pour améliorer la gouvernance locale, renforcer la planification territoriale, prévenir les catastrophes naturelles, sécuriser le foncier, optimiser les infrastructures et développer une agriculture intelligente », a-t-il soutenu.
AP/APA







