Le Kenya engage une vaste réforme de son service des Affaires étrangères pour l’exercice 2026/27, avec l’ambition de bâtir une diplomatie plus moderne, plus performante et davantage orientée vers les résultats, en mettant l’accent sur la diplomatie économique, la transformation numérique et la gouvernance.
Le gouvernement kényan a dévoilé un ambitieux programme de réforme destiné à moderniser son service diplomatique, en faisant de la diplomatie économique, de la transformation institutionnelle et du numérique, les principaux leviers de son action pour l’exercice budgétaire 2026/27.
La nouvelle feuille de route de la diplomatie kényane a été présentée par le secrétaire principal aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, à l’ouverture de la retraite stratégique du département d’État aux Affaires étrangères, qui réunit pendant trois jours de hauts diplomates, directeurs et responsables administratifs afin d’évaluer les performances du ministère et de définir ses priorités face à un environnement international en mutation.
Selon le responsable kényan, le service diplomatique doit s’adapter aux nouvelles réalités géopolitiques, aux mutations technologiques et à l’évolution des rapports de force mondiaux, tout en produisant des résultats concrets pour les citoyens.
« Notre responsabilité n’est pas seulement de gérer l’institution d’aujourd’hui, mais de construire le service diplomatique sur lequel le Kenya pourra compter demain », a-t-il déclaré.
Au cœur de la réforme figure une réorganisation du département destinée à renforcer son efficacité. Le gouvernement prévoit notamment de consolider l’unité chargée des privilèges et immunités diplomatiques, de transformer le bureau de liaison avec le Parlement en une direction dédiée aux relations avec le Parlement et les collectivités locales, de créer des divisions spécialisées dans le commerce, l’investissement et la finance internationale, ainsi que d’accélérer l’intégration des technologies numériques, de l’intelligence artificielle et des outils de gestion des connaissances.
Le plan met également l’accent sur le renforcement de la gouvernance et de la discipline financière. Korir Sing’Oei a annoncé une politique de tolérance zéro face aux insuffisances administratives, aux irrégularités relevées lors des audits et aux faiblesses dans les procédures de passation des marchés publics, estimant que ces dysfonctionnements nuisent à l’efficacité de l’action diplomatique.
Le responsable kényan a réaffirmé que la diplomatie économique demeurait le pilier de la politique étrangère du pays. Il a cité l’élargissement de l’accès des exportations kényanes aux marchés internationaux, les discussions dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), les partenariats issus du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), les commissions mixtes de coopération et les rencontres bilatérales de haut niveau comme autant d’outils destinés à attirer les investissements et à soutenir la croissance.
« La véritable mesure de la diplomatie économique ne réside plus dans le nombre de rencontres organisées, mais dans les opportunités créées pour les entreprises, les investisseurs, les entrepreneurs et les travailleurs kényans », a-t-il souligné.
Dans le cadre de cette transformation, le ministère a annoncé la promotion de 37 directeurs, 33 directeurs adjoints et 16 principaux agents du service diplomatique. Ces nominations s’inscrivent dans une stratégie de gestion des carrières qui prévoit également des programmes de mentorat, de formation continue et un renforcement de la place des femmes dans la haute fonction diplomatique.
Le département d’État a par ailleurs été classé deuxième ministère le plus performant lors de l’évaluation gouvernementale des performances pour l’exercice 2024/25. Tout en saluant ce résultat, Korir Sing’Oei a appelé les responsables à faire du ministère une référence nationale en matière d’excellence.
Pour l’exercice 2026/27, le Kenya entend concentrer son action sur sept priorités stratégiques, dont le renforcement de son influence internationale, un meilleur alignement de la politique étrangère sur les objectifs de développement national, la modernisation numérique du service diplomatique, l’amélioration de la gouvernance, le développement des compétences, l’élargissement des partenariats avec les collectivités locales, le secteur privé, les universités, la diaspora et les partenaires au développement, ainsi que la modernisation des infrastructures diplomatiques, avec notamment la construction d’un nouveau siège pour le ministère et la rénovation des missions à l’étranger.
Pour les autorités kényanes, cette réforme vise à faire de la diplomatie un levier direct de création d’emplois, d’attraction des investissements, de protection des ressortissants à l’étranger et de consolidation du rôle du Kenya comme l’un des principaux acteurs diplomatiques du continent.
AC/Sf/APA







