En Tunisie, environ 3 000 nouveaux cas de cancer du poumon sont enregistrés chaque année, dont 60 % ne sont découverts qu’à un stade avancé.
L’alerte est donnée par la cheffe du service d’oncologie de l’hôpital Abderrahmen Mami, le Dr Nesrine Majri. Citée par la Radio Nationale, elle a indiqué que le cancer du poumon demeure l’un des cancers les plus meurtriers en Tunisie, en raison d’un diagnostic souvent tardif qui réduit considérablement les chances de survie. Selon ses déclarations à la Radio Nationale, près des deux tiers des patients arrivent à l’hôpital lorsque la maladie est déjà avancée, une situation qui « complique fortement la possibilité de sauver le patient ». Le ministère de la Santé s’appuie sur ces données pour renforcer les campagnes de prévention et élargir les programmes de dépistage précoce.
Interrogée sur les principaux facteurs de risque, la spécialiste a rappelé que le tabagisme reste la première cause du cancer du poumon dans le pays. Elle a précisé que toutes les formes de consommation, y compris la chicha, exposent à un danger équivalent voire supérieur. « Une séance de chicha équivaut à fumer un paquet entier de cigarettes », a-t-elle insisté, ajoutant que les cigarettes électroniques et le tabagisme passif représentent également des sources significatives de dommages pulmonaires.
Les autorités sanitaires affirment travailler sur une sensibilisation accrue ciblant particulièrement les jeunes publics, de plus en plus exposés à ces pratiques.
Le coût sanitaire et économique lié au tabagisme en Tunisie constitue un enjeu croissant. Outre les milliers de cas diagnostiqués chaque année, le cancer du poumon absorbe une large part des dépenses publiques en oncologie. Les experts soulignent que le traitement d’un patient atteint d’un cancer avancé mobilise des ressources bien plus importantes que la prise en charge à un stade précoce. Dans ce contexte, les programmes de dépistage s’inscrivent comme un investissement nécessaire pour réduire, à terme, la pression financière sur le système de santé.
Afin d’améliorer la détection précoce, le ministère de la Santé a mis en place un programme pilote de dépistage du cancer du poumon à l’hôpital Abderrahmen Mami. Celui-ci inclut des consultations gratuites et un accompagnement pour le sevrage tabagique. Le Dr Majri a indiqué que 160 opérations de dépistage ont été réalisées à ce jour, permettant d’identifier cinq cas à un stade suffisamment précoce pour justifier une intervention chirurgicale. Les patients concernés se sont rétablis, illustrant l’impact déterminant du diagnostic anticipé.
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