La Cédéao appelle à la retenue maximale et à la reprise du dialogue après l’annonce par Téhéran de la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans les frappes américano-israéliennes, une escalade qui suscite une vive inquiétude internationale.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé sa profonde préoccupation face à l’intensification des hostilités au Moyen-Orient, appelant toutes les parties à faire preuve de retenue maximale et à privilégier le règlement pacifique des différends, dans le strict respect de la Charte des Nations Unies et du droit international.
Cette réaction intervient alors que les autorités iraniennes ont annoncé la mort du guide suprême Ali Khamenei, présenté comme « tombé en martyr » à la suite des frappes conduites le 28 février par les États-Unis et Israël contre des cibles en République islamique d’Iran. Le président américain Donald Trump avait déjà évoqué publiquement la mort du dirigeant iranien dans la foulée des opérations militaires.
Selon des sources proches du pouvoir iranien, plusieurs villes, dont Téhéran, ont été visées par les frappes, causant des pertes humaines et d’importants dégâts matériels. Des bilans provisoires font état de plusieurs dizaines de morts et de blessés, y compris des civils, certaines estimations non officielles évoquant plus de 200 victimes. Une attaque contre une école de filles dans le sud du pays aurait fait au moins 51 morts selon des autorités locales, tandis que d’autres explosions ont été signalées dans plusieurs centres urbains.
En riposte, l’Iran a lancé des missiles et des drones vers Israël, déclenchant des sirènes d’alerte et l’activation de systèmes de défense dans plusieurs régions, dans un cycle d’actions et de représailles qui alimente les craintes d’un embrasement régional.
Des canaux proches des autorités iraniennes évoquent également la mort de Ali Shamkhani et du général Mohammad Pakpour, commandant des Gardiens de la Révolution, mais ces informations ne disposent pas encore de confirmations indépendantes établies et doivent être considérées avec prudence.
Dans sa déclaration publiée à Abuja le 28 février, la Cédéao avertit que l’escalade militaire en cours pourrait avoir de « graves conséquences pour la paix et la sécurité internationales », notamment sur les marchés mondiaux de l’énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, en particulier pour l’Afrique et d’autres régions vulnérables. L’organisation souligne que la protection des civils et des infrastructures critiques doit rester primordiale et appelle à un renforcement des efforts diplomatiques pour promouvoir le dialogue et réduire les tensions.
Cette position s’inscrit dans une vague de réactions internationales. Le Sénégal a condamné l’usage de la force et appelé à un cessez-le-feu immédiat, le Nigeria a exhorté à la désescalade et à la protection de ses ressortissants, tandis que l’Union africaine a mis en garde contre les conséquences économiques et sécuritaires pour le continent. L’Afrique du Sud a insisté sur le respect du droit international et la primauté du dialogue, la Russie a dénoncé une « agression armée » et appelé à un règlement diplomatique, le Maroc a condamné les frappes iraniennes contre des États du Golfe et l’Union européenne a plaidé pour la protection des civils et le respect du droit international humanitaire.
AC/Sf/APA







