À l’occasion du bicentenaire de son service diplomatique, l’Égypte met en avant une doctrine fondée sur l’« équilibre stratégique », présentée comme le principe directeur de sa politique étrangère dans un environnement international marqué par les rivalités entre grandes puissances et les crises régionales.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères célèbre cette semaine les 200 ans de la création du premier service diplomatique du pays, institué en 1826 par Mohamed Ali Pacha sous la forme du Bureau du commerce et des affaires étrangères. Selon les autorités égyptiennes, cette institution, chargée à l’époque des relations extérieures, du suivi des évolutions politiques et économiques ainsi que des échanges avec les puissances étrangères, constitue le socle de la diplomatie moderne de l’Égypte.
À cette occasion, Le Caire met en avant une conception de la politique étrangère qu’il présente comme héritière d’une longue tradition diplomatique. Les autorités rappellent notamment le traité de Qadesh conclu entre Ramsès II et les Hittites, considéré comme l’un des plus anciens accords de paix connus, dont une reproduction est exposée au siège des Nations Unies à New York. Cette référence historique est mobilisée pour illustrer une approche privilégiant la gestion des rapports de force et la recherche de compromis plutôt que les logiques d’affrontement permanent.
Dans une publication consacrée aux dix dernières années de politique étrangère, le ministère des Affaires étrangères présente « l’équilibre stratégique » comme le principe structurant de l’action diplomatique égyptienne. Selon le document, l’évolution de l’environnement international, marquée par le retour des conflits armés, les tensions entre grandes puissances et l’affaiblissement du multilatéralisme, impose une politique étrangère fondée sur la défense des intérêts nationaux sans alignement systématique sur un bloc.
Le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, affirme que cette doctrine repose sur « des déterminants nationaux clairs », guidés par l’intérêt national et le respect du droit international. Elle s’articule autour de plusieurs principes, notamment le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures et la préservation des institutions nationales. Dans cette logique, l’Égypte affirme entretenir des relations avec un large éventail de partenaires, des États-Unis et de l’Union européenne à la Russie, la Chine et les BRICS, dont elle est désormais membre.
Cette stratégie s’étend également à la gestion des crises régionales. Les conflits en Libye, au Soudan et dans la bande de Gaza sont présentés par les autorités comme des enjeux ayant des répercussions directes sur la sécurité nationale égyptienne. Le Caire poursuit parallèlement une politique de diversification de ses partenariats économiques et diplomatiques, notamment avec les pays du Golfe, l’Afrique et l’Asie.
Les autorités égyptiennes réaffirment également que la question palestinienne demeure un axe central de leur politique extérieure. Dans le contexte des développements régionaux récents, elles estiment que la recherche d’un équilibre entre les différentes puissances et partenaires constitue un élément essentiel de leur stratégie diplomatique.
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