À un peu plus d’un mois du référendum constitutionnel prévu le 30 août, la Cédéao appelle à une transition plus inclusive en Guinée-Bissau, réclame la libération des détenus politiques et renforce son dispositif de médiation en désignant le Sénégal comme facilitateur.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a appelé les autorités de transition de la Guinée-Bissau à accélérer le retour à l’ordre constitutionnel en garantissant un processus politique inclusif, et désigne le Sénégal comme médiateur chargé d’accompagner le dialogue entre les différentes parties prenantes.
Réunis dimanche à Lungi, en Sierra Léone, les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation ont pris acte de la tenue annoncée d’un référendum constitutionnel en Guinée-Bissau, le 30 août 2026, suivi d’élections générales le 6 décembre, exhortant les autorités de transition à garantir la transparence et l’inclusivité de ces deux échéances.
La Conférence a invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à privilégier le dialogue afin de favoriser une transition consensuelle vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Elle a également exhorté les autorités à garantir le strict respect des droits humains, des libertés fondamentales et des garanties judiciaires pour tous les citoyens.
Dans ce contexte, les dirigeants ouest-africains ont demandé la libération sans condition de toutes les personnalités politiques encore détenues, y compris le président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingos Simões Pereira. Selon la Cédéao, une telle mesure constituerait un geste de bonne volonté susceptible de restaurer un climat de confiance, de rassurer l’opposition et de renforcer la crédibilité du processus de transition.
Cette prise de position intervient quelques jours après que le PAIGC a exigé la « libération immédiate et inconditionnelle » de son dirigeant, placé en détention préventive le 10 juillet dans le cadre d’une enquête sur une présumée tentative de coup d’État. Le principal parti d’opposition dénonce une « persécution politique et judiciaire » et réclame un retour à l’ordre constitutionnel par le dialogue, tandis que les autorités assurent agir dans le cadre d’une procédure judiciaire.
La Commission de la Cédéao a, par ailleurs, été chargée de poursuivre les consultations avec les autorités de transition, les acteurs politiques et la société civile, tout en renforçant son appui technique et les garanties de sécurité, notamment à travers la Mission d’appui à la stabilisation en Guinée-Bissau (MASGB).
Cette nouvelle feuille de route s’inscrit dans la continuité de la position exprimée fin juin par la Commission de la Cédéao, qui avait rejeté les accusations d’ingérence formulées par certains acteurs politiques bissau-guinéens. L’organisation avait alors affirmé que son action se limitait à un accompagnement technique de la transition et plaidé pour un dialogue politique inclusif sous leadership national.
Le référendum du 30 août portera sur un projet de nouvelle Constitution adopté par le Conseil national de transition. Le texte prévoit notamment le passage d’un régime parlementaire à un régime présidentiel, une réforme contestée par une partie de l’opposition, qui remet en cause la légitimité des institutions issues du coup d’État du 26 novembre 2025.
Enfin, la Conférence a désigné le Sénégal comme médiateur afin d’appuyer les efforts de dialogue entre les parties et de faciliter une transition inclusive et pacifique vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Le 26 novembre 2025, la Guinée-Bissau a été confrontée à un coup d’État militaire intervenu à la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre. Des militaires ont annoncé la suspension du processus électoral et la prise de contrôle des institutions, alors que le président sortant Umaro Sissoco Embaló et son principal adversaire Fernando Dias da Costa revendiquaient tous deux la victoire.
Le général Horta N’Tam a ensuite été investi président de transition à la tête d’un Haut Commandement militaire, après la destitution d’Umaro Sissoco Embaló. Plusieurs responsables politiques, dont Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, ont été arrêtés dans les jours suivants.
AC/Sf/APA







