Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a présidé, jeudi, la cérémonie marquant la Journée de la diplomatie algérienne, coïncidant cette année avec le 80ᵉ anniversaire des Nations Unies.
Dans son discours, Ahmed Attaf a rappelé l’attachement de son pays à la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le droit des peuples à l’autodétermination, texte adopté en 1960 et auquel l’Algérie rattache encore aujourd’hui sa doctrine diplomatique. Le ministre a évoqué le souvenir du 30 septembre 1955, date de l’inscription de la « question algérienne » à l’ordre du jour de l’ONU, remerciant les 13 pays qui avaient alors soutenu cette initiative, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Liban et l’Inde.
Attaf a également rendu hommage à l’ancien chef de la diplomatie, Ahmed Taleb Ibrahimi, avant de défendre la constance de la politique étrangère algérienne, notamment sur les causes dites « justes », comme la Palestine ou le Sahara occidental.
« Le ralliement massif des nations à la cause palestinienne démontre la justesse de notre engagement en faveur de la paix », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant son soutien à la création d’un État palestinien et à la « résolution de la question sahraouie conformément aux résolutions onusiennes ».
Mais derrière ces formules convenues, la célébration illustre surtout le repli diplomatique d’Alger, critiquée pour son incapacité à moderniser une doctrine figée dans les schémas du tiers-mondisme des années 1960. Alors que la région connaît des mutations profondes – rapprochement maroco-européen, recomposition sahélienne, intégration africaine accélérée – l’Algérie demeure enfermée dans une rhétorique de « causes historiques » qui peine à convaincre ses partenaires.
Les références répétées à la résolution 1514 et à la lutte anticoloniale contrastent avec l’absence de vision claire sur les enjeux contemporains : énergie, climat, intégration économique ou sécurité régionale. La diplomatie algérienne, qui revendique un rôle pivot, apparaît aujourd’hui marginalisée dans les grands dossiers africains et méditerranéens, notamment au sein de l’Union africaine et du G5 Sahel dissous.
Safina Claudia Ammassari, représentant l’ONU, a salué « l’engagement et le dévouement » de la diplomatie algérienne tout en reconnaissant, avec prudence, que « les principes de la Charte des Nations unies sont aujourd’hui mis à rude épreuve » — un commentaire interprété par certains observateurs comme un rappel voilé aux contradictions d’un appareil diplomatique qui glorifie la paix tout en s’opposant frontalement à ses voisins.
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