La direction du Groupe Ecobank a dévoilé, ce lundi 6 juillet 2026, à Abidjan, sa vision pour connecter les marchés fragmentés du continent et propulser les PME locales à l’international.
Le modèle panafricain d’Ecobank s’appuie désormais sur une innovation majeure : le « Single Market Hub ». Présentée par Jeremy Awori, directeur général du Groupe Ecobank, cette initiative ambitionne de connecter efficacement les marchés du continent.
Face au défi historique de la fragmentation des marchés africains, ce hub unique d’échanges commerciaux se positionne comme un pont commercial direct, a expliqué Jeremy Awori, tout en précisant que « nous voulons soutenir nos clients pour capter les opportunités du marché. »
Grâce à sa présence stratégique dans 34 pays africains, ainsi qu’en Chine, en France et à Dubaï, Ecobank offre un réseau unique. L’objectif est clair : soutenir tous les segments de clientèle en permettant aux acheteurs et aux vendeurs de se connecter et d’exporter plus facilement.
Pour bénéficier de cette opportunité, une seule condition : être client de l’institution. Paul-Harry Aithnard, directeur général de Ecobank Côte d’Ivoire, a souligné que cette plateforme est un écosystème exclusif visant à intégrer l’ensemble de la clientèle entreprise du continent.
Le projet démontre déjà sa viabilité commerciale. Les volumes d’échange enregistrés sur le hub ont connu une croissance exponentielle au cours des trois dernières années. Selon Jeremy Awori, la plateforme compte plus de 15 000 clients et a permis plus de 180 millions de dollars de valeur commerciale.

L’un des plus grands défis des PME reste l’accès au crédit, souvent bloqué par l’asymétrie d’information entre les attentes des banques et la réalité du terrain. À travers son programme « Elever » et l’initiative African Women Programme (AWF), Ecobank déploie des solutions concrètes pour briser ces barrières, notamment pour les femmes entrepreneures qui pensent à tort avoir besoin de garanties foncières lourdes pour démarrer.
À travers un accompagnement, la banque propose aux femmes entrepreneures des formations pratiques en gestion, des bourses de MBA issues de partenariats académiques pour s’ouvrir à l’international, ainsi qu’un accès facilité aux marchés grâce au mentorat et à des réseaux stratégiques.
Le parcours d’Alice Gnapa, une jeune femme entrepreneure ivoirienne, CEO de Aliwax, illustre parfaitement ce succès. Étudiante en communication et des marques, elle se lance en autodidacte dans le stylisme grâce à des vidéos YouTube.
Repérée et structurée par le programme AWF, elle obtient un premier prêt de 15 millions de FCFA en 2021, remboursé par anticipation. Aujourd’hui, sa marque possède des boutiques à Abidjan, Ouagadougou et Paris, et s’apprête à passer à une phase de production industrielle.
Le groupe bancaire élargit également son offre vers la diaspora africaine, qui compte plus de 30 millions de personnes à travers le monde. L’ambition est de canaliser ces flux financiers au-delà de l’aide familiale classique, pour les diriger vers le financement du développement et des projets productifs.
Pour l’avenir, Paul-Harry Aithnard identifie deux leviers majeurs de croissance pour les PME africaines. Le premier repose sur les paiements instantanés intégrés. La banque réalise, d’ailleurs, des investissements pour garantir qu’une PME vendant en Chine ou aux États-Unis reçoive ses fonds instantanément sur son compte.
Le deuxième axe stratégique est l’intégration verticale, une mutation nécessaire pour propulser les entreprises commerciales au rang de géants régionaux. À travers des financements pluriannuels dédiés à l’outil de production, l’institution veut donner aux PME les moyens de fabriquer à grande échelle localement et de conquérir le commerce mondial.
AP/APA







