L’administration fiscale ivoirienne mise sur le digital pour recouvrer davantage d’impôts. Pour le premier semestre 2025, les services des impôts ont collecté 2 511,7 milliards Fcfa, soit un taux de réalisation de 94,4% et un écart négatif de 148,2 milliards Fcfa par rapport aux objectifs.
Le directeur général des impôts de Côte d’Ivoire, M. Abou Sié Ouattara, a, lors d’un séminaire bilan portant sur le 1er semestre 2025 et les perspectives du 3e trimestre 2025, tenu à Abidjan, indiqué que cet exercice vise à établir des stratégies pour accroître l’assiette fiscale.
L’objectif global des recettes assignés à la Direction générale des impôts (DGI) au titre du 2e trimestre 2025 s’établit à 1542,9 milliards Fcfa contre 1314,7 milliards Fcfa pour le 2e trimestre 2024, soit un taux de progression de 17,39%, a-t-il dit.
En termes de réalisation, le montant total des recettes enregistrées sur la période d’avril à juin 2025, donne un volume de 1404,4 milliards de Fcfa, affichant un écart négatif de 138,5 milliards de Fcfa par rapport à l’objectif, soit un taux de réalisation de 91%, a-t-il ajouté.
« Il convient, toutefois, de noter que ces réalisations sont en hausse de 168,6 milliards de Fcfa avec un taux de progression de 13% comparativement au deuxième trimestre de l’année 2024 », a fait observer M. Abou Sié Ouattara.
Mobilisation des ressources
L’objectif assigné à la Direction générale des impôts (DGI) s’établit à 2 659,9 milliards Fcfa pour des réalisations qui s’affichent à 2 511,7 milliards Fcfa au 1er semestre 2025, soit un écart négatif de 148 milliards Fcfa et un taux de réalisation de 94,4%, a-t-il souligné.
Toutefois, en comparaison avec les recettes collectées au 1er semestre 2024, l’on a une progression de 16,9%, a relevé le directeur général des impôts, soutenant que cette contre-performance peut se justifier par un faible taux des recouvrements en matière de TVA.
L’applicatif de la TVA digitalisée, « nous permet de savoir quelle est la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) que vous avez facturé à vos clients. Si vous n’avez pas déclaré, l’application le saura parce que votre client, lui, il va déclarer sa facture », a-t-il affirmé.
« Si la TVA n’apparaît pas chez vous, cela veut dire qu’il y a l’un des deux qui n’a pas été transparent. Donc, c’est autant d’outils et de stratégies que nous mettons en œuvre pour élargir l’assiette, répartir la charge fiscale sur chaque Ivoirien », a-t-il poursuivi.
Cette session a pour but de « corriger le tir de manière à ce qu’à la fin de l’exercice, nous soyons en phase avec les objectifs qui nous ont été assignés par les autorités », a-t-t-il noté, ajoutant qu’ « on ne crée plus de nouveaux impôts ou pratiquement plus, on met l’accent sur les procédures et les processus. »
Digitalisation des processus
« Nous sommes engagés dans un processus de digitalisation de nos procédures qui peuvent nous permettre de collecter des recettes sans forcément augmenter les taux d’imposition, en augmentant par contre l’assiette d’imposition, c’est-à-dire le nombre de contribuables », a-t-il souligné.
« Aujourd’hui, nous avons par exemple la possibilité, à partir de drones que nous avons acquis, de quadriller une zone en 3D avec une nouvelle technologie qu’on appelle le « LiDAR » et qui peut cartographier un immeuble depuis le toit jusqu’au sous-sol », a-t-il renseigné.
Cela « nous évite de faire du porte-à-porte pour asseoir par exemple un impôt comme l’impôt foncier. Mais, tous les autres impôts vont ensemble, parce que dans un immeuble, vous pouvez avoir des habitations, des cabinets d’avocats, des notaires », a-t-il mentionné.
Vassogbo Bamba, le directeur de cabinet adjoint, représentant le ministre des Finances et du budget, s’est félicité de ce que malgré le contexte économique difficile, ces recouvrements de recettes fiscales restent forts au premier semestre de l’année 2025.
Il a souligné « l’impérieuse nécessité d’intensifier les efforts qui s’imposent en les orientant vers des actions porteuses, inscrites dans une stratégie très ambitieuse », tout en appelant à une sensibilisation des contribuables au respect de leurs obligations fiscales.
AP/Sf/APA







