Le Front Populaire Ivoirien (FPI, opposition) brise le silence. Face aux vagues de démolitions qui frappent le District Autonome d’Abidjan depuis le début du mois de juin, le parti d’opposition monte au créneau.
À travers une déclaration officielle, le FPI dénonce des opérations menées dans des « conditions météorologiques dantesques » et fustige la posture « inhumaine » des autorités en pleine saison des pluies et d’examens scolaires.
Le 2 juin 2026, le quartier « Zimbabwe » à Vridi 3 (Port-Bouët, dans le Sud d’Abidjan) a été le théâtre d’une vaste opération de démolition. Menée par le District autonome d’Abidjan, elle a laissé plus de 40 000 personnes sans abri.
Le FPI qualifie ce déguerpissement de « sauvage et inopportun ». Le parti souligne qu’aucune décision d’expulsion n’a été émise par le juge administratif avant l’action des bulldozers. Face au tollé général, le District a justifié l’urgence par la nécessité de protéger les populations des inondations dans cette zone dite « à risque ».
Une explication rejetée par le FPI, qui accuse le régime RHDP, le parti au pouvoir, de faire preuve de « condescendance » et d’user de l’effet de surprise sans proposer de relocalisation aux populations sinistrées.
Le lendemain, 3 juin 2026, le « drame » s’est déplacé vers la cité Houphouët-Boigny (« Campement ») à Koumassi. Plus de 30 hectares d’habitations y ont été rasés par un opérateur privé, Alloui Brou Jacques. Ce dernier prétendait agir en vertu d’une décision de justice, appuyé par la police nationale.
Cependant, le 6 juin 2026, le Procureur de la République a officiellement démenti l’existence d’une telle décision judiciaire. Le FPI pointe du doigt une grave défaillance administrative : comment des dizaines de cargos de police ont-ils pu sécuriser cette expropriation sans une réquisition formelle du procureur ?
Le parti exige toute la lumière sur le rôle des forces de l’ordre et l’arrestation immédiate de l’opérateur économique. Face à cette double crise humanitaire, le Front Populaire Ivoirien exprime sa solidarité aux victimes et formule quatre revendications majeures :
Le parti exige un plan d’urgence de relocalisation immédiat respectant la dignité humaine, le dédommagement intégral des sinistrés de Vridi 3 et de Koumassi-Campement, une enquête indépendante pour situer les responsabilités de cette faillite institutionnelle.
Le Front populaire ivoirien, parti présidé par l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, veut des clarifications publiques sur l’acquisition des 34 hectares par l’opérateur privé.
AP/APA






