Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) traverse une zone de forte turbulence. Par le biais d’une déclaration, un collectif de dix hauts cadres de la formation politique de Laurent Gbagbo, a annoncé ce vendredi 24 juillet 2026, sa démission collective, libre et définitive.
Après leur démission annoncée le 24 juillet, 10 responsables d’instances, d’organes fédéraux et de la diaspora du PPA-CI (opposition), ont choisi de lier leur avenir politique à celui d’Ahoua Don-Mello, vice-président de l’Alliance internationale des BRICS, un proche de Gbagbo, radié de son parti.
Cette décision, qualifiée par les démissionnaires de mûrement réfléchie, marque un tournant politique majeur sur l’échiquier ivoirien. Les signataires n’ont pas mâché leurs mots pour justifier leur rupture avec le PPA-CI, dénonçant ouvertement un « pilotage à vue », un « arbitraire disciplinaire » ainsi qu’une « dérive managériale » au sein de l’appareil du parti.
La liste des partants illustre l’impact de cette saignée, touchant aussi bien les structures locales que les représentations internationales du parti. Parmi les démissionnaires figurent des figures clés telles que Sery Sarah Soko (ex-secrétaire général adjoint chargé du Haut-Sassandra), Kouamé Mesmin Komoé (ex-secrétaire général adjoint chargé des syndicats).
Kouakou Dapa Donacien (ex-coordonnateur régional du Gontougo), Guigui Claudel (ex-membre du Comité de contrôle et de la représentation France), et Gnakalé Viviane (ex-responsable de la communication au Canada et membre de la Commission électorale) figurent également parmi ces départs.
La diaspora européenne est aussi impactée avec les démissions de Gnako Honny Jean-Claver (ex-directeur de campagne adjoint de Laurent Gbagbo en France), Serikpa Nadège (ex-secrétaire de section Paris Nord) et Grimo Hilaire Joël (ex-secrétaire de section Strasbourg).
Par ailleurs, l’ancrage dans le Gontougo une région de l’Est ivoirien, s’affaiblit avec les départs de Kra Affoua Monique (ex-présidente de la Ligue des Femmes) et de Kouakou Kouadio Luc (ex-fédéral de Taoudi).
En actant leur départ, ces personnalités apportent officiellement leur soutien au processus de construction d’une nouvelle force politique souverainiste, démocratique et panafricaniste. Ils ont ainsi confié à Ahoua Don-Mello la responsabilité de piloter les consultations devant mener au Congrès constitutif de cette future organisation.
Ahoua Don-Mello avait été radié du parti de Laurent Gbagbo après avoir bravé la ligne officielle en se présentant à l’élection présidentielle ivoirienne de 2025. Cette vague d’adhésions vient légitimer son ambition de fonder sa propre écurie politique.
Par l’entremise de sa direction de la Communication, Ahoua Don-Mello a déclaré mesurer pleinement la portée de cette confiance, qu’il accueille avec « humilité, reconnaissance et un profond sens du devoir ». Il salue le courage de ces femmes et de ces hommes qui ont « choisi de privilégier leurs convictions au confort des positions acquises ».
Une rencontre de travail est prévue dans les prochains jours entre Don-Mello, vice-président de l’Alliance internationale des BRICS, et les cadres démissionnaires pour fixer les modalités de leur participation aux travaux préparatoires du Congrès constitutif.
Affichant sa détermination, Ahoua Don-Mello a lancé un appel vibrant à toutes les forces patriotiques, souverainistes et aux Ivoiriens de tous horizons pour rejoindre ce mouvement : « L’heure du rassemblement a sonné. L’avenir se construit dès aujourd’hui. »
AP/Sf/APA







