Abidjan abrite, les 1er et 2 juin 2026, la troisième réunion régionale de haut niveau du Réseau santé et fonction publique d’Afrique (HaPSNA). Cette rencontre cruciale réunit les ministres de la Santé, de la Fonction publique, ainsi que des experts de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Organisé en collaboration avec le Bureau de la Cédéao et le Partenariat pour le développement de la santé en Afrique et dans les Caraïbes (HeDPAC), l’événement vise à faire passer les administrations publiques régionales des réflexions théoriques aux actions concrètes.
Les systèmes de santé d’Afrique de l’Ouest font face à des défis structurels lourds : pénurie de personnels qualifiés, recrutement difficile, répartition inégale entre zones urbaines et rurales, contraintes budgétaires et manque de coordination institutionnelle.
Ces faiblesses sont exacerbées par des crises sanitaires récurrentes. Pour la seule année 2024, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a recensé au moins 67 épidémies à travers 12 pays de la sous-région.
La ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration de Côte d’Ivoire, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, a rappelé la nécessité absolue de cette union lors de l’ouverture des travaux, aux côtés de Pierre N’Gou Dimba, le ministre ivoirien de la Santé.
« Cette réalité nous rappelle qu’aucun État ne pourra relever seul les défis sanitaires contemporains. Cette rencontre doit donc être un espace d’action, de mutualisation des expériences et de construction de réponses collectives durables », a déclaré Anne Ouloto.
La ministre d’Etat Anne Ouloto a profité de cette tribune pour partager les avancées majeures en matière de couverture sanitaire et de prise en charge de proximité en Côte d’Ivoire. Le pays a structurellement misé sur la santé communautaire pour mailler son territoire.
« Dans le domaine sanitaire, notre pays a fait le choix d’investir dans la santé communautaire. Aujourd’hui, 73% des établissements sanitaires disposent de services portés par des relais ou agents communautaires et 70% des structures assurant le diagnostic du paludisme, s’appuient sur ces acteurs de proximité », a-t-elle souligné.
Par ailleurs, la Couverture maladie universelle (CMU) en Côte d’Ivoire a connu une avancée majeure, passant de 12,55 millions de bénéficiaires identifiés en mars 2023 à plus de 23 millions de personnes enrôlées en décembre 2025.
Né en mars 2025 à Monrovia (Libéria) et consolidé à Kigali (Rwanda) en juin 2025, le réseau HaPSNA, actuellement présidé par le Libéria, s’est imposé comme la plateforme continentale de coordination pour aligner la gestion des ressources humaines publiques sur les besoins sanitaires.
La réunion d’Abidjan constitue une étape déterminante pour harmoniser les statuts administratifs et pérenniser les programmes communautaires. Elle a enregistré des experts de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Libéria, la République centrafricaine, le Sénégal et la Sierra Léone.
Les délégations s’attellent à définir des cadres d’actions réglementaires afin d’intégrer formellement les personnels et agents de santé dans les cadres nationaux de la fonction publique, garantissant ainsi à chaque citoyen africain un accès équitable à des soins de qualité.
AP/Sf/APA







