Un financement de 312 millions d’euros accordé à la Société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG) marque une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures ferroviaires gabonaises, alors que les investissements dans les corridors de transport se multiplient à travers le continent pour soutenir l’essor du secteur minier, selon un communiqué d’Energy Capital & Power distribué mardi par APO Group.
L’accord de financement, conclu entre Proparco, la Société financière internationale (IFC) et SETRAG, a été annoncé en juillet 2026. Il vise à soutenir la deuxième phase du Programme de modernisation et de sécurité du chemin de fer gabonais, qui prévoit la réhabilitation accélérée des 648 kilomètres de la ligne Transgabonais reliant le port d’Owendo, sur la côte atlantique, à Franceville, dans l’est du pays.
Selon les partenaires du projet, cette modernisation doit renforcer le transport du manganèse et d’autres minerais vers les marchés régionaux et internationaux, tout en contribuant à l’objectif des autorités gabonaises d’accroître la part du secteur minier dans le produit intérieur brut, de près de 6 % actuellement à 25 % d’ici à 2030.
Le programme prévoit notamment l’amélioration de l’efficacité opérationnelle du principal axe ferroviaire de fret du pays, le renforcement de la sécurité et la réduction des coûts logistiques pour les exportateurs. À ce jour, 457 kilomètres de voies ont déjà été renouvelés avec des traverses en béton et 186 kilomètres équipés de nouveaux rails de 60 kg.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large d’investissements dans les infrastructures de transport destinées à valoriser les ressources minières africaines. Les corridors ferroviaires et logistiques sont désormais considérés comme un levier stratégique pour améliorer la compétitivité des exportations de minerais et favoriser l’industrialisation.
Cette tendance sera au cœur de l’African Mining Week 2026, prévue du 14 au 16 octobre au Cap, en Afrique du Sud. Une session consacrée à la connectivité régionale examinera les stratégies de financement des infrastructures minières, la modernisation des réseaux ferroviaires et portuaires ainsi que leur rôle dans l’intégration économique du continent.
Plusieurs projets d’envergure illustrent cette accélération des investissements, notamment le corridor ferroviaire de Lobito reliant l’Angola, la République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, la revitalisation du réseau Tanzanie-Zambie (TAZARA), le corridor Abidjan-Lagos en Afrique de l’Ouest et le projet de corridor Liberty entre la Guinée et le Libéria destiné à faciliter les exportations de minerai de fer de Simandou.
Selon les organisateurs de l’African Mining Week, ces projets témoignent du rôle croissant des infrastructures régionales dans l’intégration de l’Afrique aux chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais stratégiques.
AC/Sf/APA







