La population du bouquetin Walia, espèce emblématique et endémique de l’Éthiopie, est remontée à 306 individus contre 270 en décembre dernier, témoignant d’un premier rebond après plusieurs années de déclin, a annoncé lundi l’Autorité éthiopienne pour la conservation de la faune sauvage (EWCA).
La progression de la population du bouquetin Walia en Ethiopie, passant de 270 à 306 individus en une année, est attribuée au renforcement des mesures de conservation dans le parc national des monts Simien, dans la région Amhara, unique habitat naturel connu de cette espèce particulièrement menacée.
Le directeur général de la Direction de gestion des parcs nationaux, Gebremeskel Gizaw, a notamment cité l’intensification de la lutte contre le braconnage et les campagnes de sensibilisation conduites auprès des communautés riveraines.
« La population de bouquetins Walia est passée de 270 en décembre dernier à 306 aujourd’hui grâce aux efforts coordonnés de conservation déployés aux niveaux national et international dans la région », a déclaré M. Gizaw à la presse.
Cette hausse intervient toutefois dans un contexte préoccupant. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a récemment reclassé le bouquetin Walia dans la catégorie des espèces « en danger critique d’extinction », après plusieurs évaluations ayant confirmé l’ampleur du recul de ses effectifs.
Selon l’UICN, 271 bouquetins Walia avaient été recensés en décembre 2025 dans le parc national des monts Simien. La totalité de la population mondiale étant concentrée dans cette seule aire protégée du nord de l’Éthiopie, l’espèce figure parmi les grands mammifères ayant l’aire de répartition la plus limitée au monde.
Une étude conjointe menée entre 2023 et 2025 par l’EWCA, l’administration du parc national des monts Simien et la Fondation pour la faune sauvage africaine (AWF) a identifié plusieurs facteurs à l’origine du déclin. Il s’agit notamment du conflit dans le nord de l’Éthiopie, de la dégradation de l’habitat, de la chasse illégale et de diverses pressions exercées par les activités humaines.
La trajectoire du bouquetin Walia illustre ainsi la fragilité des progrès enregistrés en matière de conservation. L’espèce avait été classée « en danger » en 1986, avant de passer dans la catégorie « en danger critique d’extinction » en 1996. Elle avait ensuite été reclassée « en danger » en 2008, puis « vulnérable » en 2020.
Cette amélioration avait été soutenue par une forte croissance des effectifs. Les recensements réalisés entre 2009 et 2012 avaient fait état d’une progression de 680 à 850 individus, les chercheurs anticipant même un dépassement du seuil de 975 individus à l’horizon 2020.
Le nouveau rebond enregistré en 2026 constitue donc un signal encourageant pour les autorités et les organisations engagées dans la protection de l’espèce. Mais avec seulement 306 individus recensés, la survie du bouquetin Walia reste étroitement liée à la protection de son habitat, à la lutte contre le braconnage et à l’implication durable des communautés locales.
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