L’Algérie réaffirme son engagement en faveur du développement du continent africain, mais son poids économique réel reste limité, loin des principaux investisseurs et contributeurs aux projets continentaux.
En déplacement à Luanda, mardi, à l’occasion du Sommet sur le financement des infrastructures en Afrique, le président Abdelmadjid Tebboune a renouvelé son appel à une « renaissance économique du continent » reposant sur des infrastructures « intégrées, modernes et performantes ».
Un discours fidèle à la tradition panafricaniste d’Alger, mais déconnecté de la réalité d’une économie encore tournée vers l’intérieur et freinée par des blocages institutionnels persistants.
Dans une déclaration empreinte de lyrisme, le chef de l’État a salué les « efforts sincères » de l’Union africaine et du NEPAD, rappelant que « les infrastructures ne sont pas de simples structures matérielles, mais les artères du développement ».
Il a assuré que l’Algérie demeurait « fidèle à l’unité de destin du continent » et engagée dans « un développement global africain ».
Cependant, au-delà des mots, la portée de cette ambition reste limitée. L’Algérie demeure absente des grands projets structurants du continent – qu’il s’agisse du corridor Lagos–Abidjan, de la route transsaharienne ou des interconnexions énergétiques régionales – faute de partenariats solides et d’une stratégie d’investissement claire.
Les initiatives récemment mises en avant, comme la relance du projet transsaharien ou l’adhésion tardive à la ZLECAf, restent pour l’heure symboliques.
Sur le plan interne, les contraintes budgétaires, la dépendance aux hydrocarbures et l’absence de diversification freinent toute projection économique majeure en Afrique. Alors que le Maroc, l’Égypte, le Nigéria ou encore le Rwanda investissent massivement dans les infrastructures logistiques, l’énergie verte et le numérique, l’Algérie continue de s’en tenir à une diplomatie déclarative plus qu’opérationnelle.
Ainsi, la volonté affichée par Abdelmadjid Tebboune de participer activement à la « renaissance africaine » se heurte à un paradoxe : celui d’un pays dont les ambitions régionales dépassent encore largement ses capacités économiques et son niveau d’intégration continentale.
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