Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), M. Claver Gatete, affirme que l’Afrique détient plus de 1 100 milliards de dollars de capitaux institutionnels nationaux, qui devraient être stratégiquement déployés pour financer sa transformation.
S’exprimant virtuellement lors du neuvième Forum des entreprises
africaines, organisé par la CEA à Addis-Abeba, en Éthiopie, le Secrétaire exécutif Claver Gatete a déclaré que si l’Afrique est confrontée à des déficits de financement des infrastructures et perd chaque année des milliards de
dollars en raison de flux financiers illicites, elle ne manque pas de capitaux, mais de mécanismes permettant de relier les fonds
disponibles à des projets bancables.
« L’Afrique détient plus de 1 100
milliards de dollars de capitaux institutionnels nationaux dans les
fonds de pension, les pools d’assurance et les actifs souverains (…) Le paradoxe n’est donc pas un manque de capitaux, mais l’absence de mécanismes permettant de relier ces capitaux à des projets bancables », a-t-il déclaré.
Selon lui, les capitaux mondiaux sont devenus plus sélectifs et se dirigent vers les marchés offrant envergure, sécurité et perspectives de croissance future.
Il a affirmé que l’Afrique, avec la population active la plus jeune du
monde, une urbanisation rapide, une adoption croissante du numérique
et des marchés de consommation émergents, était bien placée pour
devenir un moteur majeur de la croissance mondiale.
« Ce lieu, c’est l’Afrique. L’Afrique n’est plus un continent en attente de transformation (…) La transformation est déjà en marche », a déclaré Gatete.
Il a cité la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) comme une étape majeure dans la création d’un marché unique de plus de 1,5 milliard de personnes.
Selon lui, les plateformes numériques et les écosystèmes de startups se développent également sur tout le continent.
Gatete a toutefois indiqué que le rythme de la transformation restait
inférieur à son potentiel en raison des lacunes en matière d’infrastructures et de la faiblesse des cadres de préparation des projets.
S’exprimant sur le thème de l’événement, « Financer l’avenir de
l’Afrique : emplois et innovation pour une transformation durable »,
Gatete a souligné que des millions de jeunes Africains arrivent chaque
année sur le marché du travail et que l’accès à un emploi productif était essentiel non seulement pour le développement de l’Afrique, mais
aussi pour la stabilité économique mondiale.
« S’ils trouvent un emploi productif, l’Afrique deviendra le moteur de
la croissance du siècle; et dans le cas contraire, l’instabilité va se
mondialiser », a-t-il affirmé.
Gatete a proposé quatre mesures stratégiques pour accélérer les progrès : accroître le capital national et déployer des instruments de
financement innovants ; renforcer les notations de crédit et les marchés de capitaux ; mettre pleinement en œuvre la ZLECAf ; et investir dans l’innovation, les compétences et les systèmes de
données.
Selon le Secrétaire exécutif de la CEA, l’amélioration des systèmes fiscaux, le financement mixte, les fonds de pension et les actifs souverains peuvent contribuer à accroître la marge de manœuvre budgétaire et à soutenir le développement des infrastructures et de l’industrie.
M. Gatete a plaidé pour de meilleures notations de crédit, une transparence financière accrue et des marchés de capitaux plus approfondis afin de réduire les coûts d’emprunt et d’orienter les investissements vers les secteurs productifs.
Il a insisté sur la pleine mise en œuvre de la ZLECAf pour favoriser les chaînes de valeur régionales, la production à grande échelle et la création d’emplois sur tout le continent.
GIK/fss/Sf/APA






