Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a affirmé que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) en Afrique restent marqués par d’importantes disparités et demeurent fortement vulnérables aux chocs extérieurs.
Intervenant jeudi à Luanda (Angola) lors de la réunion annuelle des Zones économiques spéciales africaines, organisée autour du thème : « Zones économiques spéciales africaines : catalyser un investissement industriel durable et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales », M. Claver Gatete de la CEA a rappelé qu’une vingtaine de pays africains traversent une situation de détresse financière, certains allouant davantage de ressources au remboursement de la dette qu’aux secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation ou les infrastructures.
Il a souligné que, sur l’ensemble du continent, malgré des signes de reprise dans certains pays, « le coût du financement demeure au moins trois fois supérieur à celui observé dans les économies développées », un obstacle majeur à l’investissement dans les infrastructures, l’énergie et le développement industriel.
Le responsable onusien a appelé les pays africains à accélérer une industrialisation durable, reposant sur l’innovation, l’intégration régionale et le renforcement des capacités industrielles.
À titre d’exemple, il a cité la montée en puissance du complexe Tanger Med au Maroc, devenu en moins de vingt ans l’une des plateformes industrielles les plus stratégiques du continent, connectant plus de 1 200 entreprises aux chaînes de valeur mondiales, générant plus de 8 milliards de dollars d’exportations par an et offrant plus de 100 000 emplois directs.
M. Gatete a fait remarquer que les investisseurs recherchent aujourd’hui non seulement des incitations, mais également un environnement crédible, efficace, durable et doté d’une main-d’œuvre qualifiée.
Il a également rappelé que des projets tels que la Zone industrielle de l’Est en Éthiopie, la plateforme de Lekki au Nigéria ou encore le pôle Luanda-Bengo en Angola démontrent la capacité de l’Afrique à construire et gérer des écosystèmes industriels compétitifs à l’échelle mondiale.
Selon lui, les Zones économiques spéciales africaines doivent évoluer pour devenir de véritables pôles d’innovation et de transformation, capables de soutenir l’intégration des chaînes de valeur continentales.
Évoquant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), il a indiqué que celle-ci permet à l’Afrique de « réécrire son équation commerciale », les ZES devant jouer un rôle central dans la construction de capacités productives transfrontalières.
M. Gatete a rappelé qu’il a longtemps été moins coûteux de commercer avec des partenaires hors du continent qu’avec les pays voisins, en raison de la fragmentation logistique, des divergences de normes et des barrières tarifaires.
Il a enfin plaidé pour un alignement stratégique entre les ZES et la ZLECAf, afin d’en faire des hubs industriels capables d’ancrer les chaînes de valeur régionales, de créer des emplois et de dynamiser le commerce intra-africain.
MG/as/lb/te/Sf/APA







