Le ministre nigérian des Finances et ministre coordonnateur de l’Économie, Wale Edun, a averti que la hausse du coût de la dette et le recul de l’aide au développement ne laissent aux pays africains d’autre choix que de renforcer leur recours au capital privé et aux investissements régionaux.
S’exprimant jeudi lors du 5ᵉ événement B2B de mise en relation dans l’agroalimentaire, tenu à Abuja, le ministre nigérian des Finances, Wale Edun a exhorté les États africains à intensifier le commerce intra-continental et à mobiliser davantage leurs ressources internes afin de faire face à la diminution du soutien international.
Il a souligné que les obligations croissantes liées au service de la dette grèvent des budgets publics déjà limités, au détriment des investissements essentiels au développement.
Selon lui, le financement concessionnel et l’aide publique au développement poursuivent leur tendance à la baisse : la Banque africaine de développement (BAD) prévoit une contraction de 9 % des flux d’aide en 2024, suivie d’un recul supplémentaire de 17 % en 2025. Cette évolution témoigne, a-t-il indiqué, d’un affaiblissement général du multilatéralisme et d’un glissement vers un soutien au développement moins coordonné.
« Les pays africains supportent des charges de dette lourdes, accompagnées de besoins importants en service de la dette, ce qui absorbe des ressources qui pourraient être orientées vers des projets publics. Il faut rappeler que le véritable moteur de l’investissement demeure le secteur privé, que ce soit à travers les investissements directs étrangers ou les investissements nationaux », a-t-il déclaré, ajoutant que le contexte économique mondial actuel ne fait que confirmer cette réalité.
Le ministre a également observé que la coopération multilatérale, qui avait prévalu après la création des institutions de Bretton Woods, s’affaiblit progressivement. Les rares poches de collaboration internationale subsistent essentiellement dans les domaines de la santé et du climat, tandis que l’aide économique globale se raréfie.
« Le financement concessionnel et les flux d’aide destinés à l’Afrique ont déjà reculé de 9 % en 2024, et pourraient encore diminuer de 17 % en 2025 selon la BAD. Nous devons donc renforcer nos dynamiques internes, stimuler les échanges intra-africains, développer nos économies de manière concertée et encourager l’investissement des épargnes domestiques dans des activités productives », a-t-il insisté.
M. Edun a enfin mis en avant l’importance de consolider les liens régionaux pour accroître la valeur ajoutée, créer des environnements propices aux investissements et attirer le capital privé, national comme étranger. Selon lui, l’affaiblissement du soutien global rend d’autant plus urgent le recours aux capacités productives du continent et l’approfondissement du commerce intra-africain.
L’événement, placé sous le thème « Catalyser le commerce entre l’Afrique arabe et l’Afrique : ouvrir de nouvelles perspectives dans le commerce alimentaire et agroalimentaire », s’inscrit dans le programme Arab Africa Trade Bridges et se déroule à Abuja.
GIK/lb/te/Sf/APA







