Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a défendu les ambitions industrielles de son pays devant les organisations patronales, tout en promettant de préserver le rôle social de l’État, dans un contexte où la diversification économique reste confrontée à d’importants défis structurels.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a présenté, mercredi, devant des responsables gouvernementaux et des représentants du patronat réunis au Centre international des conférences (CIC), les grandes orientations de sa politique économique, mettant en avant la production locale, la réduction des importations et le développement de l’investissement privé. Il a notamment annoncé l’entrée en fonction, le 1er janvier prochain, d’un guichet unique destiné à faciliter les démarches des investisseurs.
Qualifiant l’investissement de « mère de toutes les batailles », le chef de l’État a présenté ce dispositif comme un levier de transformation économique. Il devra toutefois démontrer son efficacité face aux lourdeurs administratives et aux incertitudes qui continuent de peser sur l’environnement des affaires. La création d’une nouvelle structure ne saurait, à elle seule, garantir une amélioration durable des conditions d’investissement.
Abdelmadjid Tebboune a également réaffirmé sa volonté de passer d’une économie dirigée à une économie de marché sans abandonner les mécanismes de protection sociale. Selon lui, entre 85 et 87% des entreprises économiques relèvent du secteur privé. Cette place importante contraste néanmoins avec les interrogations persistantes sur les conditions d’exercice de l’initiative privée, la stabilité des règles économiques et la capacité du pays à attirer durablement les capitaux nationaux et étrangers.
Le président a, par ailleurs, mis en avant plusieurs indicateurs de production nationale, affirmant que les importations annuelles avaient diminué de 62 à 42 milliards de dollars. Il a également évoqué une couverture de 84% des besoins en médicaments par la production locale en 2026, contre 3% en 2020, ainsi que l’objectif de mettre fin aux importations de gazole à l’horizon 2027. Ces avancées devront être appréciées au regard de leur contribution effective à la compétitivité industrielle et à la création de valeur.
Sur le front des exportations, Tebboune a fixé aux opérateurs économiques un objectif de 30 milliards de dollars à l’horizon 2030, tout en estimant qu’un montant de 20 milliards constituait déjà une ambition significative. Il a également fait état d’une croissance comprise entre 3,8 et 4%, ainsi que d’une progression de la part de l’industrie dans le produit intérieur brut.
Malgré ces perspectives, la dépendance aux hydrocarbures demeure un enjeu central pour l’économie algérienne. La réussite des projets annoncés dans les secteurs du fer, des engrais phosphatés et de l’automobile dépendra notamment de leur mise en œuvre effective, de leur rentabilité et de leur capacité à générer des exportations. L’année 2027 constituera ainsi un test important pour mesurer l’écart entre les ambitions affichées et les résultats économiques concrets.
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