A quelques jours du Groupe consultatif stratégique, prévu les 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan, la Côte d’Ivoire passe à la vitesse supérieure dans la mobilisation de ses partenaires internationaux pour le financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Le ministre ivoirien du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, a mené ce vendredi 26 juin 2026 une mission diplomatique et économique de haut niveau à Bruxelles. L’objectif est clair : ancrer le PND 2026-2030 au cœur des priorités des institutions de l’Union européenne (UE) et des investisseurs belges et européens.
Le ministre ivoirien s’est d’abord entretenu avec les hauts décideurs de l’exécutif européen, notamment Koen Doens, directeur général des partenariats internationaux de la Commission européenne, et Olof Skoog, secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure (SEAE).
La rencontre s’est tenue en présence d’un parterre diplomatique de premier plan : Irchad Razaaly, ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire, Carole van Eyll, ambassadeur de Belgique en Côte d’Ivoire et Mathilde Kra, chargée d’Affaires de l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Belgique.
Le Consul honoraire de la Côte d’Ivoire au Luxembourg a également pris part au dialogue. L’UE et la Côte d’Ivoire ont affiché une parfaite convergence de vues. Face aux orientations d’Abidjan, Bruxelles prépare activement une nouvelle stratégie de coopération alignée sur le PND 2026-2030.
Au-delà des investissements classiques, les discussions ont acté le développement de nouveaux instruments financiers innovants, tels que des mécanismes de partage des risques et des solutions de financement vert pour stimuler le secteur privé.
Les enjeux de sécurité sous régionale et le renforcement de la résilience des populations ont également figuré au centre des échanges. Cette offensive bruxelloise s’inscrit dans un roadshow international méthodique qui a déjà conduit les autorités ivoiriennes à Brazzaville, Bakou et Paris.
Pour séduire le secteur privé européen lors d’un forum organisé par l’ambassade de Côte d’Ivoire en Belgique et la Chambre de Commerce CBL-ACP, le ministre Souleymane Diarrassouba s’est appuyé sur la solidité remarquable de l’économie ivoirienne.
La Côte d’Ivoire affiche une santé financière rigoureuse. Le pays a enregistré une croissance moyenne de 6,5 % entre 2021 et 2025, projetée à 7,2 % sur la période 2026-2030, un déficit budgétaire contenu à 3 % du PIB, un taux d’endettement de 57 % du PIB.
L’agence de notation financière Moody’s a attribué à la Côte d’Ivoire la note de « Ba2, perspective stable ». S&P (BB/B, perspective stable) et Fitch (BB, perspective stable) lui attribuent des notations souveraines stables.
Le PND 2026-2030 représente une enveloppe globale d’investissements gigantesques de 114 838,5 milliards de francs CFA. La grande spécificité de ce programme national de développement réside dans la part belle faite aux entreprises.
Le secteur privé est attendu pour financer la part du lion, soit 70,2 % du montant global (80 614,7 milliards de FCFA), tandis que l’État ivoirien prendra en charge la part publique estimée à 34 223,9 milliards de FCFA.
Devant les milieux d’affaires belges et européens, Souleymane Diarrassouba a détaillé les secteurs prioritaires ouverts aux investissements : les infrastructures, l’industrie, l’agriculture et l’agro-industrie, l’énergie, le numérique, la santé, la formation professionnelle, la logistique, les industries culturelles et le tourisme, notamment via des partenariats public-privé (PPP).
Pour sécuriser ces capitaux, le gouvernement ivoirien a mis en avant ses réformes structurelles majeures axées sur l’amélioration continue de l’environnement des affaires, la consolidation de la sécurité juridique des investissements et l’accélération de la digitalisation des procédures administratives.
« L’Europe accompagne le développement de la Côte d’Ivoire depuis plusieurs décennies. Le gouvernement entend désormais approfondir ce partenariat en mobilisant davantage d’investissements productifs, de transferts de technologies et de transformation locale sur notre territoire, seules conditions d’une compétitivité durable et d’une prospérité partagée », a déclaré Souleymane Diarrassouba.
Tous les regards sont désormais tournés vers Abidjan. Les 8 et 9 juillet prochains, le Groupe consultatif réunira l’ensemble des partenaires techniques et financiers, les investisseurs institutionnels et les multinationales pour concrétiser les promesses de financement de ce nouveau cycle de développement de la Côte d’Ivoire sur la période 2026-2030.
AP/APA







